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06.11.2008

Obama, Dancing President

Une dernière goutte d'Obamania avant de revenir à nos chères stratégies. Notre Marketer of the Year 08 est plaisant à plusieurs égards. He got the move and just showed a low bar... Appréciez.

05.11.2008

Impossible Obama

Yes We Can, Yes He Can, Yes He Did.

Yes Can We?
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IMPOSSIBLE est la nouvelle frontière que Mr President a établi pour nous. Nous, au niveau personnel, mais surtout au niveau communautaire et continental. La balle est dans notre camp.
Au détour, je vous invite à lire le blog de Théophile Kouamouo sur le sujet, mais aussi les commentaires à la suite. Le tout est d'un excellent niveau. Merci.

04.11.2008

Continent Africain & Stratégie

J'ai trouvé ce texte sur L'arbre à palabres. C'est du mirissage de très haut niveau. Que l'on soit d'accord ou pas avec le contenu, il a le mérite de soulever des questions pertinentes. La réflexion est ouverte, à quand les actes? La question est posée à qui de droit...


Quand l’Afrique se soustrait à la marche du monde
: de nouveau, esclaves?!!

Il arrive dans la vie qu’une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours. J’attendais tranquillement un ami au terminus d’autobus de Montréal quand un monsieur d’un certain âge a pris place à mes côtés avant d’engager l’une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d’études stratégiques dans un institut international, l’homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s’il vous plaît, ne sortez pas la rancune du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu’il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats :

« Cela fait maintenant plus de 25 ans que j’enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j’ai eu affaire à des dizaines d’officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : du point de vue des études stratégiques, de l’analyse et de l’anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien.

Tout simplement, parce qu’à ma connaissance, dans toute l’Afrique francophone, il n’y a pas un seul centre d’études stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête. Je vais vous expliquer pourquoi je n’ai aucun espoir pour ce continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : l’énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où l’Afrique apporte quelque chose. Rien. Zéro.

Commençons par l’énergie et précisément le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d’ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C’est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc. ont mis sur pied des task force chargés d’étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de s’assurer que quoi qu’il advienne, leur approvisionnement sera assuré.
Or, que constate-t-on en Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : se retrouver tout simplement privés de pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins qu’un retour à la préhistoire !
Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n’est prise par les autorités. Au contraire, ils prient pour que l’on retrouve d’autres gisements. Pour l’Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands d’arme. C’est pathétique.

Ensuite, la défense stratégique. L’état de déliquescence des armées africaines est si avancé que n’importe quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute. Je pense qu’il s’agit plus d’armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l’Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que le 21e siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n’y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes.
Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n’a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d’aéronefs suspects dans son espace aérien sans l’aide de forces étrangères. Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourd’hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d’une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu’en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. A mon avis et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d’application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant.

Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l’Occident passe par une recolonisation de l’Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d’âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s’accrochent à ces chimères. Je pense qu’il est temps de transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa pistonnés qui ne feront jamais la guerre et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusqu’au jour où le ciel lui tombera sur la tête.

Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d’excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu’ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l’inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept à un but: garder les pays pauvres comme sources d’approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde.
Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et puisque l’Afrique n’a toujours pas un plan cohérent de développement économique et d’indépendance, elle continuera à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde. Pour moi, l’indépendance signifie d’abord un certain degré d’autonomie.
Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad ou la Centrafrique importent quasiment 45 % de leur propre nourriture de l’étranger, vous comprendrez qu’un simple embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à les anéantir.

Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote. Je parlais avec un colonel sénégalais venu en stage chez nous il y a quelques mois. Nous regardions à la télévision les images de millions de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce qu’il en pensait. Il m’a répondu : « Les Libanais veulent retrouver leur indépendance et la présence syrienne les étouffe ».
C’est la réponse typique de la naïveté emprunte d’angélisme. Je lui ai expliqué que ces manifestations ne sont ni spontanées ni l’expression d’un ras-le-bol. Elles sont savamment planifiées parce qu’elles ont un but. Israël piaffe d’impatience d’en découdre avec le Hezbollah et puisque Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l’envahir et y faire ce qu’elle veut. J’ai appelé cet officier sénégalais il y a deux jours pour lui rappeler notre conservation. Malheureusement, il était passé à autre chose. Son stage ne lui a servi à rien.

J’espère vraiment qu’un jour, les Africains auront conscience de la force de l’union, de l’analyse et de l’anticipation. L’Histoire nous démontre que la coexistence entre peuples a toujours été et sera toujours un rapport de force. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la Chine et l’Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre développement. Mais tant que vous aurez le genre de dirigeants que je rencontre souvent, vous ne comprendrez jamais que le respect s’arrache par l’intelligence et la force.

Je ne suis pas optimiste. Car, si demain l’Union africaine ou la Cedeao décide de créer un Institut africain d’études stratégiques crédible et fiable, les personnes qui seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l’enjeu est autre, il s’agit de développer leur manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l’Afrique. Alors, les fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés, inefficaces et incapables de réfléchir sans l’apport des experts occidentaux se contenteront de faire du copier-coller, ce sera un autre parmi les multiples gâchis du continent.

Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux d’en faire d’abord pour votre propre intérêt ».

Ousmane Sow (journaliste, Montréal)
27 juillet 2006

29.10.2008

Contributeur pour France 24

Honoré, je suis d'avoir été approché par France 24, plus précisément l'équipe de "Les observateurs" pour un article sur Barack Obama. Approché pour la qualité et la pertinence de mon blog, critère de sélections des contributeurs, dixit S. Malterre journaliste à France 24. Vous pouvez lire l'article ici.
Merci à Théophile Kouamouo qui m'avait taggué sur le sujet. A la suite de Yoro qui est en compétition pour les BOBs de la Deutsche Welle, je pense que le succès de notre plate-forme ne fait que débuter.

Je reprends la note d'antan qui peut être consultée entièrement ici.

b5e6ed3d3b7a50894a212d48c0f9a1f4.jpgJe suis très flatté d’avoir été taggué par Théo Kouamouo au sujet d’Obama. Mais je propose une réponse indirecte pour une raison toute simple. Malgré ses origines et la couleur de sa peau, Obama est pareil à n’ importe quel autre candidat démocrate classique à l’élection américaine. Ils brillent tous par leur totale ignorance du monde extérieur aux USA. Et quand au sort réservé à l’Afrique, je ne me fais aucune illusion. Pour sortir de notre marasme, nous ne devrons compter que sur nous –mêmes.
Tout ceci n’occulte en rien l’exploit réalisé par le candidat Obama et qui mérite d’être célébré à sa juste valeur. Montrant ainsi que toutes les limites peuvent être repoussées par des hommes de foi comme notre continent a tant besoin. Je vous présente ce magnifique article (que je n’ai malheureusement pas le temps de traduire) qui fait l’apologie de la stratégie marketing d’Obama, qui pourtant ne partait pas favori. Merci à tous pour votre fidélité et à bientôt.

14.08.2008

On n'est pas condamnés à l'échec

Voici une chanson des deux chansons qui m’a fait couler des larmes (juste quelques millilitres, faut pas pousser), avec « Dance with my father » de Luther Vandeross. Je suis en général un super zappeur, mais la première fois que j’ai vu ce clip, je suis resté scotché plusieurs minutes après la fin sans pouvoir bouger. Tellement profond pour tous ceux qui savent ce que lutter pour s’en sortir veut dire. Faire tout deux fois plus que les autres, et ne pleurer que des larmes de détermination.

KERY JAMES : BANLIEUSARDS

http://www.rap1pulsif.com/clip.590.kery.james.banlieusard...
Le clip encore plus parlant!

On n'est pas condamné à l'échec, voilà l'chant des combattants
banlieusard et fier de l'être, j'ai écrit l'hymne des battants
ceux qui n'font pas toujours ce qu'on attend d'eux
qui n'disent pas toujours c'que l'on veut entendre d'eux
parce que la vie est un combat
pour ceux d'en haut comme pour ceux d'en bas
si tu n'acceptes pas ça c'est que t'es qu un lâche
ecoute ce morceau, lève toi et marche
c'est 1 pour les miens, arabes et noirs pour la plupart
et pour mes babtous (blanc), prolétaires et banlieusards
le 2, ce sera pour ceux qui rêvent d'une france unifiée
parce qu'à ce jour y'a deux france, qui peut le nier ?
et moi je serai de la 2eme france, celle de l'insécurité
des terroristes potentiels, des assistes
c'est c'qu'ils attendent de nous, mais j'ai d'autres projets qu'ils retiennent ça
je ne suis pas une victime mais un soldat
regarde moi, j'suis noir et fier de l'être
j'manie la langue de molière, j'en maîtrise les lettres
français parce que la france à colonise mes ancêtres
mais mon esprit est libre et mon afrique n'a aucune dette
je suis parti de rien, les pieds entravés
le système ne m'a rien donné, j'ai du le braver
depuis la ligne de départ, ils ont piège ma course
pendant que les keufs me coursaient, eux investissaient en bourse
j'étais sensé échoué, finir écroué
la peau trouée
et si j'en parle la gorge nouée
c'est que j'ai nagé dans des eaux profondes sans bouée
j'ai le ghetto tatoué, dans la peau, j'suis rebel comme ekoué
mais l'espoir ne m'a jamais quitté
en attendant des jours meilleurs, j'ai résisté
et je continue encore
je suis le capitaine dans le bateau de mes efforts
j'n'attend rien du système, je suis indépendant
j'aspire à être un gagnant donné perdant
parce qu'on vient de la banlieue, c'est vrai, qu'on a grandi, non
les yeux dans les bleus mais des bleus dans les yeux
pourquoi nous dans les ghettos, eux à .....
nous derrière les barreaux, eux au sénat
ils défendent leurs intérêts, éludent nos problèmes
mais une question reste en suspens, qu'a-t-on fait pour nous même ?
qu'a-t-on fait pour protéger les nôtres
des mêmes erreurs que les nôtres ?
regarde c'que deviennent nos petits frères
d'abord c'est l'échec scolaire, l'exclusion donc la colère
la violence et les civières, la prison ou le cimetière
on n'est pas condamnés à l'échec
pour nous c'est dur, mais ça ne doit pas devenir un prétexte
par honneur pour ce qu'ont accompli nos parents
on n'peut pas baisser les bras
malgré les déceptions et les dépressions
suite à la pression, que chacun d'entre nous ressent
malgré la répression et les oppressions
les discriminations, puis les arrestations
malgré les provocations, les incarcérations
le manque de compréhension, les peurs et les pulsions
leur désir, de nous maintenir la tête sous l'eau
transcende ma motivation
nourrit mon ambition
il est temps que la 2ème france s'éveille
j'ai envie d'être plus direct, il est temps qu'on fasse de l'oseille (argent)
c'que la france ne nous donne pas on va lui prendre
j'veux pas brûler des voitures, mais en construire, puis en vendre
si on est livré à nous même, le combat faut qu'on le livre nous même
il ne suffit pas de chanter, « regarde comme il nous malmène »
il faut que tu apprennes, que tu comprennes et que t'entreprennes
avant de crier « c'est pas la peine ! quoi qu'il advienne, le système nous freine ! »
a toi de voir ! t'es un lâche ou un soldat ?
brandis l'épée du courage, entreprends et bats toi !
banlieusard et fier de l'être
on n'est pas condamné à l'échec diplômés, éclairés ou paumés
en 4x4 en tromé (metro), gentils ou chantmé (mechant)
la banlieue a trop chômé, je sais c'que la france promet
mais que c'est un crime contre notre avenir que la france commet
c'est pour les discriminés, souvent incriminées
les innocents, qu'ils traînent comme de vrais criminels
on a l'image des prédateurs, mais on est que des proies
capables mais coupables et exclus de l'emploie
si j'rugis comme un lion c'est qu'j'compte pas m'laisser faire
j'suis pas un mendiant, j'suis venu prendre c'qu'ils m'ont promis hier
même s'il me faut 2 fois plus de courage, 2 fois plus de rage
car y'a 2 fois plus d'obstacles et 2 fois moins d'avantage
et alors ?! ma victoire aura 2 fois plus de goût
avant d'pouvoir la savourer, j'prendrai 2 fois plus de coups
les pièges sont nombreux, il faut qu'j'sois 2 fois plus attentif
2 fois plus qualifié et 2 fois plus motivé
si t'aimes pleurer sur ton sort, reste pas à côté d'moi
j'te l répète, je n'suis pas une victime et un soldat
banlieusard et fier de l'être
on n'est pas condamné à l'échec !

on est condamné à réussir
a franchir les barrières, construire des carrières

regarde c'qu'ont accompli nos parents
c'qu'ils ont subi pour qu'on accède à l'éducation
ou serai t-on sans leurs sacrifices ?
comme mahmoud pour thays.....
bien sur que me travail a du mérite
o combien j'admire nos pères
manutentionnaire mais fiers
si on gâche tout est le respect ?
si on échoué ou est le progrès ?
chaque fils d'immigré é est en mission
chaque fils de pauvres doit avoir de l'ambition
tu peux pas laisser, s'évaporer tes rêves en fumée
dans un hall enfumé
a fumer des substances qui brisent ta volonté
anesthésient tes désir et noient tes capacités
on vaut mieux que ça !
rien n'arrête pas un banlieusard qui se bat
on est jeunes, forts et nos sœurs sont belles
immense est le talent qu'elles portent en elle
ce texte je vous le devais
même si j'l'écris le cœur serré
et si tu pleures, pleure des larmes de détermination
car ceci n'est pas une plainte, c'est une révolution !
vois tu des faibles ici ?
je ne vois que des hommes qui portent le glaive ici

banlieusards et fiers de l etre
on est pas condamnes a l echec !

30.07.2008

L'héritage de Bill Gates

Prenons-en tous de la graine Pour une fois, je vous épargne mes commentaires, mais tiens à partager avec un vous un proverbe : Les muets ne sont ni manchots, ni aveugles.
Il traduit parfaitement ce qu'un ami mien ( AKA Kokolé) et moi appelons le mirissage (miri, réflexion en langue vernaculaire Dioula, mais surtout pour nous, issu du nouchi, langage urbain ivoirien) qui pourrait se traduire par Vision et Action. Que notre passage sur terre ne soit pas vain et ennuyeux.

L'héritage de Bill Gates

Ils sont nombreux ceux qui devraient en prendre de la graine, tous ces présidents qui s’accrochent à leur poste, éliminent leurs dauphins successifs et s’estiment indispensables jusqu’à ce que le conseil d’administration en décide autrement. Bill Gates prend sa retraite à cinquante-deux ans, comme prévu, en pleine gloire et après avoir savamment préparé sa succession. Et c’est une excellente nouvelle ! Pas seulement parce qu’il a l’intelligence d’éviter la tentation dynastique et qu’il préfère redistribuer sa fortune dans l’aide médicale au tiers-monde, mais aussi parce qu’il comprend que son temps est passé. Que Microsoft ne peut pas se réinventer avec lui. Même si, depuis 2000, il avait déjà passé la main sur la gestion quotidienne à son complice Steve Ballmer.

Une entreprise s’identifie toujours à la vision de son fondateur, qui constitue son ADN et la suit toute sa vie. Dès le départ, en 1975, celle de Bill Gates était simple : un ordinateur dans chaque foyer, sur chaque bureau. Un postulat révolutionnaire à une époque où l’informatique était synonyme de grosses armoires métalliques entreposées soigneusement dans les sous-sols climatisés des grandes banques. IBM régnait en maître sur ce monde sous-terrain. A tel point, qu’il a accordé sans broncher à son fournisseur Microsoft la propriété de son logiciel. A l’époque, le matériel était roi et le logiciel marginal. La fortune immense de Microsoft vient de ce moment. En trente ans, avec son compatriote californien Intel, le producteur des puces, il va capter l’essentiel de la rente de toute une nouvelle filière, celle de la micro-informatique. Son sens de la stratégie, de la prédation diraient certains, et un management innovant lui ont permis de garder sa domination écrasante jusqu’au seuil des années 2000.

De l’innovation primordiale à la maturité vieillissante, les cycles technologiques durent une trentaine d’année avant qu’une autre découverte rebatte à nouveau les cartes. Rares sont les champions qui le sont sur deux cycles, la plupart disparaissent entre-temps ou changent de métier. Qui se souvient de Burroughs, Control Data, Digital... Quelques-uns surnagent au prix d’une révolution. Microsoft en est à ce moment-là de son histoire. Encore riche, mais centré sur des technologies matures, celles des logiciels pour PC. L’innovation, et donc le pouvoir de changer le monde, est passé dans le camp de Google, grand aiguilleur de l’Internet, qui a su coupler sa technologie à un modèle économique qui lui assure une rente, elle aussi spectaculaire. Il faut que l’ex-firme de Bill Gates change de métier sans tuer la poule aux oeufs d’or. Le chantier est en cours, avec des résultats mitigés. Pour passer à la vitesse supérieure et changer vraiment de logiciel, Microsoft a donc besoin de tuer le père.

PHILIPPE ESCANDE
Les Échos

18.06.2008

je me souviens

Ces vers de la part de gamins de 10 12 ans sont magnifiques, sur plusieurs plans. Au delà des inévitables clichés, ils révèlent certains de nos traits, mais surtout la perception que les autres ont de nous. Au fil de ce document, j'ai été traversé par plusieurs émotions, comme dans une montagne russe et espère que vous le ressentirez à votre façon sans prendre la mouche ou autre chose. C'est très ludique et ne doit, je le pense, pas dépasser ce cadre. Bonne lecture à tous et à bientôt.



Je me souviens...

l’Afrique !
Semaine de la francophonie 2004
Lycée Blaise Pascal – Abidjan
Côte d’Ivoire
Recueil de souvenirs d’Afrique et en particulier de Côte d’Ivoire à la manière de Georges Perec, Je me souviens.
Témoignages recueillis et mis en mots sous la direction de Madame Gadowski, professeur de français de la classe de 5e5.


-1-
Je me souviens du jour où je suis arrivé à Abidjan. L’air y était chaud et il y avait vraiment beaucoup de taxis !

-2-
Je me souviens de ma première entrée dans cette ville lumineuse et splendide : Yamoussoukro.

-3-
Je me souviens de la première fois où je suis allé à Assinie. Il y avait du sable, des palmiers, des maisons en bois et un magnifique coucher de soleil.

- 4-
Je me souviens de ce 31 décembre où les pétards faisaient vraiment du boucan ! Les feux d’artifice éclairaient le ciel étoilé et les rues d’Abidjan étaient envahies de fumée.

- 5-
Je me souviens de la mer sur la côte ivoirienne : elle était vert foncé. Ce qui m’a le plus surprise, c’est la hauteur et la puissance des vagues. Elles ont presque réussi à m’emporter !

- 6-
Je me souviens de la première fois où je suis allée au village : les enfants n’avaient jamais vu de voiture !

- 7 -
Je me souviens de ces reptiles dressés sur une branche à la lisière de la forêt. J’observais ces fabuleux serpents. On aurait dit des lianes en mouvement.

- 8 -
Je me souviens de ce vendeur de brochettes dans une grande rue de Bouaké. Lorsqu’on avait des dîners, mes parents lui en commandaient plus de cent car elles étaient toutes petites.

- 9 -
Je me souviens des nuits passées sous l’arbre à palabre à écouter les histoires des vieux griots et à leur imaginer une suite merveilleuse en m’endormant.

- 10 -
Je me souviens qu’un dimanche je suis allé à Grand-Lahou avec mon cousin ; Nous avons mangé des noix de coco.

- 11 -
Je me souviens quand nous étions en retard à l’école parce que les rues étaient bloquées par les manifestations. Nous avons dû prendre un chemin de brousse.

- 12 -
Je me souviens du jour où j’ai mangé du garba. J’ai trouvé ce mets tellement délicieux que, plus tard, j’ai cassé ma tirelire pour en acheter.
- 13 –
Je me souviens des vendeuses d’arachides et de boflotos bien grillés et sucrés. Elles s’installent à chaque carrefour.

- 14 -
Je me souviens des plages de Bassam où les rouleaux sont pleins de pétrole et d’algues et où le sable est jonché de boulettes de goudron, de filets et de toutes sortes de déchets.

- 15 -
Je me souviens des crocodiles de Crocodiles Dipi. Le monsieur qui s’en occupe leur donnait de petits coups de bâton pour les faire bouger et les crocodiles claquaient des mâchoires. Ca faisait un bruit énorme !

- 16 -
Je me souviens de la construction du premier hypermarché d’Abidjan : « Cap Sud ». Tout le monde va y faire ses courses.

- 17 -
Je me souviens d’un étrange animal tricolore qui faisait des pompes. Il grimpait dans un cocotier.

- 18 –
Je me souviens du marché d’Adjamé avec les femmes malinké et les moutons attachés au poignet des paysans.

- 19 -
Je me souviens comme si c’était hier de ce jour où tout a commencé : les coups de canon, les tirs en l’air, les gens couchés à terre. C’était le 19 septembre 1999.

- 20 -
Je me souviens du magnifique flamboyant aux fleurs rouges qui poussait dans mon jardin à Abidjan.

- 21 -
Je me souviens de la première fois où je me suis allongée sous un baobab près d’une rivière.

- 22 –
Je me souviens de mon premier dîner à l’hôtel Ivoire.

- 23 –
Je me souviens de ces femmes africaines, belles chacune à leur façon, très droites malgré la lourde charge des marchandises qu’elles portent sur la tête.

- 24 –
Je me souviens de mon premier concert. C’était celui des meilleurs D.J. ivoiriens. Les jeux de lumière étaient magnifiques.


- 25 –
Je me souviens des poids baoulé que la future mariée porte autour du cou et sur les hanches.

- 26 –
Je me souviens des parties de football que l’on jouait à Lamartine, du sable boueux, d’Alain en défense. J’arrivais à bloquer de nombreux tirs.

- 27 –
Je me souviens de l’attiéké et de l’odeur de la sauce tomate qui se mêle à celle du poulet braisé.

- 28 –
Je me souviens de la première statue de bois que j’ai achetée à Bassam. C’était un tigre, mon animal préféré. Il était en ébène et assez grand.

- 29 –
Je me souviens de ce beau cocotier couvert de noix qui poussait au beau milieu d’Assinie. Son ombre était si fraîche alors qu’il faisait si chaud !

- 30 –
Je me souviens d’une forte pluie qui est tombée pendant trente secondes. C’était en Côte d’Ivoire et je n’avais jamais vu cela.

- 31-
Je me souviens de ma visite au zoo d’Abidjan. Il y avait un lion tout maigre dont on voyait les côtes.

- 32 –
Je me souviens de ce taxi dans cette rue d’Abidjan, construit avec des objets recyclés. Son pot d’échappement était une boîte de conserve.

- 33 –
Je me souviens de la baie des Sirènes.

- 34 –
Je me souviens d’un ami nommé Kévin en Côte d’Ivoire. Il habitait près de notre maison et venait souvent jouer avec moi mais il est rentré définitivement en France.

- 35 –
Je me souviens de ce jour où j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en apprenant la fermeture de mon école que j’aimais tant, à cause de la situation socio-politique du pays.

- 36 –
Je me souviens de la moustiquaire de mon petit frère. Elle était très basse et nous devions nous plier en deux lorsque nous voulions nous mettre debout sur son lit !

- 37 –
Je me souviens des premières vacances au village que j’ai passées à regarder les vieillards jouer à l’awalé sous le grand cacaoyer qui donnait à chaque saison de grosses cabosses réputées pour leur goût.



- 38 –
Je me souviens qu’un jour au marché de Treichville, il y avait un homme qui lançait un enfant dans les airs, le tournait, lui faisait faire des pirouettes.

- 39 –
Je me souviens des taxis, bleus, verts, orange et jaunes qui circulaient en klaxonnant continuellement pour trouver des clients.

- 40 –
Je me souviens de mon arrivée au lycée Blaise Pascal. On m’a surnommé Blakeboeuf, Jean Mouton, Small bête, Jean Merde et moi ça m’énervait !

- 41 –
Je me souviens qu’on jouait au « petit poteau » sur la route avec les enfants du quartier. On portait tous des lékés.

- 42 –
Je me souviens de cet arbre un jour que nous faisions une visite avec l’école : il était immense, son tronc était hérissé de grosses épines. C’était un fromager. Au milieu de ses racines énormes, je me sentais comme protégé par ses hautes branches.

- 43 –
Je me souviens de ce petit singe au nez blanc : il était dans un restaurant de Bassam.

- 44 –
Je me souviens de mon premier tour de karting à Biétry. J’ai failli me casser la figure !

- 45 –
Je me souviens de la piscine à La Madrague.

- 46 –
Je me souviens de Marcory, un quartier calme avec beaucoup de monde.

- 47 –
Je me souviens d’une belle journée passée à l’île Boulet.

- 48 –
Je me souviens avoir traversé un pont de lianes dans un village de la région de Man.

- 49 –
Je me souviens des coups de feu que j’entendais le 19 septembre 2002 avant d’aller à l’école.

- 50 –
Je me souviens de la lagune Ebrié que les pêcheurs traversent en pirogue.



- 51 –
Je me souviens du jour où Karl et moi sommes allés voir le Bélier d’or de Félix Houphouët Boigny à Yamoussoukro.


- 52 –
Je me souviens des grosses tresses africaines que les jeunes filles du village avaient sur la tête.

- 53 –
Je me souviens du terrain de tennis de l’hôtel Ivoire où quatre hommes faisaient des pompes pour s’échauffer.

- 54 –
Je me souviens du ticket vert avec un petit bus dessus que j’ai trouvé en haut de la maison.

- 55 –
Je me souviens de la première fois où j’ai vu mon chat. Il était sous la piscine, aux Deux Plateaux. Sa mère l’avait abandonné et on a dû creuser le ciment pour le dégager.

- 56 –
Je me souviens de l’alloco, des dés de bananes bien dorés qui débordaient de mon assiette comme un volcan en éruption.

- 57 –
Je me souviens de ma première rentrée au collège. J’étais timide et je n’avais pas d’amis mais cela a changé quand je suis entré en 5ème au lycée Blaise Pascal d’Abidjan.

- 58 –
Je me souviens que, lors de la visite de la société SADEM, la chaleur du soleil nous a obligés à boire de l’awadji qui avait un goût de chlore et d’ozone.

- 59 –
Je me souviens de cet orage en Côte d’Ivoire. Jamais la pluie n’a été aussi forte ! Les fleurs se cassaient sous le vent, les branches tombaient, les éclairs étaient bleu électrique et leur bruit résonnait à des kilomètres à la ronde !

- 60 –
Je me souviens d’un singe attaché à une brique qui défendait comme un trésor tout ce qu’il pouvait attraper et griffait quiconque voulait reprendre les objets volés.

- 61 –
Je me souviens de la première fois où j’ai mangé du foutou.

- 62 –
Je me souviens de cette journée où j’ai tant pleuré en voyant sous le gymnase des photos de Madame Chantal Guéroult. On rendait hommage à cette femme qui s’est tant battue pour la réouverture de notre lycée qu’elle aimait beaucoup.


- 63 –
Je me souviens de ce petit crocodile que j’ai pris dans les mains. Je sentais sur son ventre une peau lisse, humide et froide.

- 64 –
Je me souviens des coups d’état à cause desquels on a passé plusieurs semaines enfermés à la maison.

- 65 –
Je me souviens du jour où, à Bassam, je suis monté dans un bateau plein de poissons. C’était au coucher du soleil.

- 66 –
Je me souviens encore du goût du bofloto que j’ai mangé et du bissap que j’ai bu la première fois.

- 67 –
Je me souviens de la première fois où je suis monté dans un train pour Bouaké. La foule était si nombreuse que tout le monde n’a pu embarquer. Dans le wagon, il y avait des dessins de masques qui me faisaient peur.

- 68 –
Je me souviens du zouglou, cette danse ivoirienne si rythmée et si belle que je ne pouvais m’empêcher de la danser !

- 69 –
Je me souviens de la forêt du Banco et surtout de ce bel étang avec des roseaux et de hautes herbes. Sa couleur vert foncé était magnifique.

- 70 –
Je me souviens de ma balade en jet-ski à Bassam. Je recevais plein d’eau dans la figure. C’était génial !

- 71 –
Je me souviens de L’Afrique petit Chaka, un livre que je relisais sans cesse.


-72 –
Je me souviens de la plage ensoleillée d’Assinie où je me suis baigné. Le soir, au soleil couchant, je me suis promené au bord de l’eau à la recherche de dollars.

- 73 –
Je me souviens des vendeurs de Tampico qui se promènent dans toutes les rues d’Abidjan.

- 74 –
Je me souviens de ces jeunes hommes qui avalaient des tessons de bouteille sur le sable de Bassam.



- 75 –
Je me souviens d’une nuit passée sous un arbre couvert de chauve-souris qui nous empêchèrent de dormir.


- 76 –
Je me souviens de ma première bagarre avec un voyou dans une rue d’Abidjan. Ca lui a coûté cher !

- 77 –
Je me souviens des personnes âgées, toutes valides et souriantes de la maison de retraite d’Adjoudoumé.

- 78 –
Je me souviens de ce premier séjour à l’hôtel Sophia de San Pedro. La piscine était remplie d’eau de mer.

- 79 –
Je me souviens de ma première promenade en pirogue sur la rivière Sassandra.

- 80 –
Je me souviens de l’égorgement du mouton pour la Tabaski.

- 81 –
Je me souviens de ce gbaka dans lequel j’ai vu un Baoulé dévorer un garba accompagné d’un gnamakou. Ca avait l’air délicieux !

- 82 –
Je me souviens de ma première classe à Abidjan. C’était le CE2 et je m’en rappelle parce que je n’étais pas à l’aise et ne connaissais personne.

- 83 –
Je me souviens de cette sortie en bateau sur l’eau de la lagune. Les poissons bougeaient dans tous les sens. Nous allions à l’île Boulet.

- 84 –
Je me souviens de mon premier animal familier. C’était une chatte. Quand je lui lançais une boule de laine, elle n’arrêtait pas de rouler sur elle-même. Elle était amusante. Mais nous l’avons donnée à une amie de ma mère qui s’occupe d’elle, quelque part en Côte d’Ivoire.

- 85 –
Je me souviens des marchés d’Abidjan où les étalages étaient couverts de mouches, le sol de boue et de déchets.

- 86 –
Je me souviens d’un drôle d’animal qui faisait des pompes et sautait partout. Il courait en levant les pattes en l’air. Je n’oublierai jamais ce margouillat qui dormait dans ma chambre en Côte d’Ivoire.


- 87 –
Je me souviens de la folle qui m’a volé mon pain-brochette dans une rue d’Abidjan.

- 88 –
Je me souviens d’un paysage merveilleux en Côte d’Ivoire. La famine régnait au milieu de la savane.
- 89 –
Je me souviens de ces beaux pagnes multicolores que se hâtaient de tisser les tisserands de Khorogo.

- 90 –
Je me souviens de ces ondes négatives, si tristes que dégageaient ces gens désespérés, découragés et apeurés lorsqu’ils marchaient le long des routes de Bouaké, fuyant la guerre.

- 91 –
Je me souviens de ces courses au galop près d’Abidjan sous les arbres de la forêt et sur le sable chaud. Mon cheval s’appelait Bambou, c’était le plus rapide et, sous le soleil brûlant, la poussière de sable nous collait au visage.

- 92 –
Je me souviens de cet uniforme à grands carreaux bleus et blancs que je portais dans mon école de Bouaké lorsque j’étais en primaire.

- 93 –
Je me souviens des enterrements villageois avec ces vieillards qui dissimulaient leur joie et leur méchanceté au regard abattu des proches.

- 94 –
Je me souviens des cours de danses africaines que je prenais. Avant chaque cours, on disait tous en chœur : « L’Afrique est un continent merveilleux ! »

- 95 –
Je me souviens du jour où j’ai pris l’avion pour rentrer en Côte d’Ivoire. Du ciel, on aurait dit que les plantations de cacao, d’arachides et de goyaviers recouvraient tout le pays.

- 96 –
Je me souviens du jour où, alors que je jouais au football avec des amis, il y a eu des manifestations. Des filles pleuraient et moi, ça m’amusait. Les portables sortaient des poches de leurs propriétaires et on m’a insulté parce que je n’en avais pas.

- 97 –
Je me souviens de la première fois où j’ai surfé sur les vagues bleues près d’Abidjan.

- 98 –
Je me souviens quand nous avons été rapatriés en France. C’était horrible. Les gens pleuraient : seuls les femmes et les enfants devaient partir.




- 99 –
Je me souviens de la plantation de cacaoyers de mon oncle à Daloa. Les cabosses sont accrochées aux branches et aux troncs. Les arbres sont si grands qu’ils empêchent le soleil de passer à travers le feuillage.

- 100 –
Je me souviens d’une nuit où il faisait tout noir et froid. Ma grande sœur, pour me taquiner, me disait que le kakamouh et les fantômes viendraient me chercher, et moi, je la croyais !

- 101 –
Je me souviens de la Côte d’Ivoire, le pays du football. J’y ai grandi !

- 102 –
Je me souviens du Plateau, le quartier des grands immeubles.

- 103 –
Je me souviens de ces journées à l’île Boulet. En plongée, nous pêchions au harpon des soles et d’autres poissons.

- 104 –
Je me souviens des petits enfants qui vendent des mouchoirs en papier pour gagner de l’argent.

- 105 –
Je me souviens des amies que j’avais en 6ème au lycée Blaise Pascal.

- 106 –
Je me souviens des belles balades à cheval et des obstacles sautés avec mon cheval Bali au club du 43e B.I.M.A.

- 107 –
Je me souviens de ma classe verte à Bassam : je m’étais trouvé une fiancée mais elle était un peu grande pour moi.

- 108 –
Je me souviens du gros varan qu’on a trouvé couché, ou plutôt affalé, dans les pauvres bégonias de Maman.

- 109 –
Je me souviens d’un village de pahut et de maisons où les enfants jouaient au ballon dans les rues désolées.

- 110 –
Je me souviens d’un homme qui n’avait qu’une seule jambe et un seul œil.

- 111-
Je me souviens de cette grande femme africaine qui dansait au rythme d’un tam-tam villageois.


- 112 –
Je me souviens de la première fête sénoufo organisée à Port-Bouët : les femmes dansaient avec des calebasses.

- 113 –
Je me souviens d’un Noël sous les coups de canon. C’était en 1999.

- 114 –
Je me souviens d’une magnifique maison entourée de cocotiers, sur le sable d’Assinie.

- 115 –
Je me souviens de cet arc-en-ciel magnifique qui traversa le ciel bleu de mon pays que le soleil frappait fort.

- 116 –
Je me souviens du jour où mon amie Célia a conduit la voiture de samère sur le pont Félix Houphouët Boigny.

- 117 –
Je me souviens de la naissance de mon petit frère.

- 118 –
Je me souviens de la période où j’ai dû quitter la Côte d’Ivoire à cause des manifestations xénophobes.

- 119 –
Je me souviens de ce jour où un poteau électrique s’est effondré sur notre maison qui était grande et belle comme toutes celles de la Riviera III.

- 120 –
Je me souviens de la magnifique église où j’allais il y a longtemps : la cathédrale Saint-Paul.

- 121 –
Je me souviens du Noël où j’ai reçu un vélo. Il avait un pneu crevé et je doutais que le Père Noël l’ait percé !

- 122 –
Je me souviens des cocotiers minces et très hauts et de leurs noix dont je me délectais.

- 123 –
Je me souviens du jour où j’ai joué à un jeu que m’ont appris les jeunes filles du village. Je ne sais plus comment il s’appelle.

- 124 –
Je me souviens du baobab de l’hôtel Ivoire, couvert de lianes. Il a plus de cent ans et il tient encore !

- 125 –
Je me souviens de la première fois où j’ai mangé de l’agouti.

- 126 –
Je me souviens de la chaleur qui régnait dans ce bateau-bus sur la lagune d’Abidjan.

- 127 –
Je me souviens de cet enfant seul et malheureux qui marchait sur la route d’Atoban.

- 128 –
Je me souviens de ce restaurant ivoirien dans lequel j’ai mangé un plat appelé kedjénou.


- 129 –
Je me souviens de la naissance de mon chien. Il était couvert de sang mais on voyait son pelage noir et marron. Il est né en Côte d’Ivoire.

- 130 –
Je me souviens de cette partie de pêche à Assinie avec des amis. Il faisait chaud et nous ramené quinze tilapias que nous avons ensuite relâchés.

- 131 –
Je me souviens de ce vendeur de brochettes avec son tablier maculé de taches de graisse, installé au bord de la route de Cocody.

- 132 –
Je me souviens de mon quartier, calme, tranquille et paisible où régnait la joie et jeux ivoiriens comme le teck-teck et le poteau sans gardien.

- 133 –
Je me souviens d’un accident à Abidjan. Une voiture bleue avait heurté une voiture rouge.

- 134 –
Je me souviens de mon arrivée en Côte d’Ivoire. Il faisait chaud, très chaud. Il y avait beaucoup de pollution et je toussais beaucoup. « Il faudrait protéger ce pays », me suis-je dit.

- 135 –
Je me souviens du jour où le proviseur de notre lycée nous a dit de nettoyer la salle B1 car les tables étaient couvertes de dessins et de graffitis.

- 136 –
Je me souviens des meetings organisés par les « Jeunes patriotes » dans les rues d’Abidjan. Elles étaient remplies de monde ces jours-là.

- 137 –
Je me souviens des pluies qui provoquent des inondations dans les rues du quartier de la Riviera II.

- 138 –
Je me souviens de cet étrange animal que j’ai rencontré dans mon jardin. Il était plus gros qu’un chat avec des poils noirs comme la nuit. Ses gros yeux me fixaient d’un air sauvage. Il était près à me sauter dessus pour se défendre, les poils hérissés, le dos rond. Cette civette était vraiment impressionnante !

- 139 –
Je me souviens de ce spectacle avec des masques de toutes les couleurs. Des hommes montés sur des échasses dansaient, sautaient. Certaines personnes jouaient avec des branches enflammées. Ca faisait des dessins spectaculaires !

- 140 –
Je me souviens de la fois où nous sommes allés, Stephen et moi, à Yamoussoukro. Nous avons vu des crocodiles.

- 141 –
Je me souviens avoir dormi seul avec mon cousin à l’hôtel Sofitel d’Abidjan.

- 142 –
Je me souviens de la rentrée de 5ème au lycée Blaise Pascal. J’ai enfin revu mes amis après les terribles manifestations de Côte d’Ivoire.

- 143 –
Je me souviens du serpent qui était suspendu à un arbre près de ma maison à Marcory. C’était un boa magnifique qui mesurait environ trois mètres.

- 144 –
Je me souviens de ces enfants pleurant des larmes de sang en voyant leurs parents se vider du leur.

- 145 –
Je me souviens des belles cases, des enfants jouant dans le village, des femmes qui pilent le mil sous un gros arbre et des fanicos dans le marigot.

- 146 –
Je me souviens d’une femelle chimpanzé qui était descendue de son arbre, avait sauté sur mon frère et l’avait mordu au bras. On a dû le vacciner contre la rage !

- 147 –
Je me souviens de ces beignets chauds et dorés appelés boflotos que nous mangions en descendant la route de l’Amicale de Bouaké.

- 148 –
Je me souviens du courage des militaires face aux manifestations des étudiants qui tenaient des machettes à la main et qui causèrent des désastres dans toute la ville.

- 149 –
Je me souviens des expositions à l’école. Ma mère achetait tout ce qui l’intéressait pour aider les orphelins.

- 150 –
Je me souviens du jour où nous avons fêté mon anniversaire à Bassam : le soleil brillait et le sable brûlait.


- 151 –
Je me souviens de ma visite au zoo d’Abidjan avec mon cousin. L’endroit puait tellement que je crachais tout le temps.

- 152 –
Je me souviens du sable chaud, de la mer bleu clair. C’était près d’Abidjan et on aurait dit la Côte d’Azur !

- 153 –
Je me souviens de mon village près de Bouaké où les enfants, torse nu, jouaient au ballon et d’autres poursuivaient une voiture en criant. Ils parlait le baoulé.
- 154 –
Je me souviens des carcasses de voiture à Adjamé dans un garage pourtant bien ordonné.

- 155 –
Je me souviens des vendeurs de produits artisanaux sur la route de Grand-Bassam.

- 156 –
Je me souviens des bus bondés et si chauds à l’intérieur.

- 157 –
Je me souviens de San Pedro : il n’y avait aucune route goudronnée, seulement des pistes de terre rouge. La mer était bleue et belle mais la chaleur peu supportable.

-158 –
Je me souviens des bons pains fourrés et des pains-brochette que mon professeur de tennis m’apportait.

- 159 –
Je me souviens des poteries de Bassam.

- 160 –
Je me souviens du premier coup d’état, un soir de Noël. Les balles tombaient du ciel comme des gouttes de pluie.

- 161 –
Je me souviens de mes premières vacances à Assinie. J’ai vu des crocodiles et fait plein de balades à cheval.

- 162 –
Je me souviens d’un triathlon. Il faisait beau et chaud.

- 163 –
Je me souviens des femmes qui pilaient du foutou dans les cases de Bouaké.

- 164 –
Je me souviens de ces femmes en pagne africain qui vendent du bissap et du gnamakou.



- 165 –
Je me souviens du matin où les militaires ont barré la route de l’école, le boulevard Mitterrand je crois.

- 166 –
Je me souviens d’un grand palmier que je voyais depuis la fenêtre de ma chambre.

- 167 -
Je me souviens de mes premières vacances dans le village de ma mère. Nous avons assisté à des funérailles. Les villageois dansaient au rythme des tambours.

- 168 –
Je me souviens d’un bel archipel. Le soleil frappait les gens qui se baignaient dans une eau glaciale.

- 169 –
Je me souviens du jour où, dans le bruit des armes lourdes, il y a eu le premier coup d’état.

- 170 –
Je me souviens de mon premier repas africain sous les sifflements du vent.

- 171 –
Je me souviens de l’hôtel « Président » à Yamoussoukro. Les chambres sont luxueuses et les lits confortables.

- 172 –
Je me souviens de l’aéroport Félis Houphouët Boigny : les nombreuses personnes trimbalant leurs valises, les appels et les annonces dans les haut-parleurs.

- 173 –
Je me souviens des histoires anciennes racontées par le vieux chef du village, tous les soirs, près du feu.

- 174 –
Je me souviens de la première fois où j’ai goûté ce fruit jaune appelé cacao.

- 175 –
Je me souviens de la première fois où je suis monté dans un bus de la SOTRA.

- 176 –
Je me souviens de mon premier jour au lycée Blaise Pascal.

- 177 –
Je me souviens de cet arbre, un hiroco, à l’écorce lisse.

- 178 –
Je me souviens de San Pedro, de ses nombreux bateaux et des gros poissons débarqués et volés par des enfants.


- 179 –
Je me souviens que j’ai été capitaine de mon équipe de tir à l’arc. On s’était réuni aux Deux Plateaux et j’ai été élu à l’unanimité.

- 180 –
Je me souviens de ma première tortue : elle était de petite taille, avait une très belle carapace et la peau rugueuse. Elle avait deux ans et était bassamoise.

- 181 –
Je me souviens de ce maquis en bord de route, rempli d’ivrognes et de petites vendeuses.

- 182 –
Je me souviens de Cocody, un quartier bruyant où on trouve toutes sortes de moyens de transport : taxis, gbakas, woro-woro, bus…dont les chauffeurs klaxonnent à tout moment.

- 183 –
Je me souviens du jour où j’ai rendu hommage à un proviseur du lycée Blaise Pascal : chaque classe avait préparé quelque chose pour elle. Nous lui avons écrit deux poèmes et il y avait beaucoup de larmes.

- 184 –
Je me souviens de la première fois où je suis resté coincé dans un embouteillage pendant deux heures à Port-Bouët.

- 185 –
Je me souviens des vendeuses d’alloco qui longent les trottoirs d’Abidjan.

- 186 –
Je me souviens des taxis collectifs ivoiriens.

- 187 –
Je me souviens de cette Africaine à qui il ne restait plus que quatre dents : deux en haut, deux en bas. Elles étaient toutes noires.

- 188 –
Je me souviens des poules qui se baladaient dans Port-Bouët et n’avaient pas peur de se faire écraser.

- 189 –
Je me souviens de ma première sortie scolaire à Sévigné lorsque j’étais en CE2 : nous sommes allés à Crocodiles Dipi pour voir les animaux.

- 190 –
Je me souviens qu’à San Pedro, mon père a pêché un requin de plus d’un mètre.

- 191 –
Je me souviens des cinq semaines que j’ai passées sans aller à l’école à cause de cette sale guerre !


- 192 –
Je me souviens de ces marchandes de fruits, de légumes et de viande qui se chamaillaient au marché de Cocody.

- 193 –
Je me souviens de l’énorme python que j’ai porté autour de mon cou. Il mesurait plus de quatre mètres. Je le sentais glisser sur mes cheveux lâchés. J’avais sept ans et c’était à Crocodiles Dipi.

- 194 –
Je me souviens de la dame à qui nous avons donné notre berger allemand avant de rentrer en France. Elle avait deux petits singes, un autre plus gros, une tortue géante, une mangouste, des béliers, des poules…

- 195 –
Je me souviens de ces perles anciennes appelées baya que les danseurs mettaient autour de leurs reins.

- 196 -
Je me souviens des mariages traditionnels bété où les invités dansent le « gbé-gbé ».

- 197 –
Je me souviens des enfants qui, le premier de l’an, mendient, souhaitant une bonne année en espérant un peu d’argent.

- 198 –
Je me souviens que le samedi, quand j’étais petit, j’allais à Marcory chez ma grand-mère. Je jouais au foot torse nu avec des lékés en plastique ou pied nus.

- 199 –
Je me souviens être allé au karting d’Abidjan avec mes petites tantes. Quand je suis sorti, il y avait du sable jusque dans mon short !

- 200 –
Je me souviens du jour de l’examen d’entrée en 6ème à l’école de Cocody I. La bonne et moi, ne connaissant pas ce quartier, avons failli nous perdre.

- 201 –
Je me souviens du fou que j’ai vu dans une rue d’Abidjan. Ses habits étaient déchirés, il était sale et demandait de l’argent à tout le monde.

- 202 –
Je me souviens des vendeurs Dialo et de leurs petites boutiques.

- 203 -
Je me souviens du centre commercial Sococé avec toutes ses boutiques.

- 204 –
Je me souviens des nuits à Assinie où nous allions en pinasse sur la lagune voir les crocodiles.

- 205 –
Je me souviens du jour où, pour la première fois, j’ai volé dans un petit avion. Les hublots étaient ouverts et l’air glissait sur mon visage. Nous avons survolé des plantations de bananiers et de papayers.

- 206 –
Je me souviens de la plage « Aléria » où l’on mangeait un délicieux poulet braisé.

- 207 –
Je me souviens de Yamoussoukro et de la basilique dont les piliers me donnaient l’impression d’être petit, petit, petit…

-208 –
Je me souviens de ce cheval blanc-gris qui galopait gaiement, mais il est mort le pauvre malheureux !

-209 –
Je me souviens de la guerre qui obligeait les paysans d’Abidjan à quitter leurs quartiers pour s’installer ailleurs.

- 210 –
Je me souviens des grands cocotiers le long de la route d’Assinie ;

- 211 –
Je me souviens du jour où pour la première fois j’ai dansé la « Prudencia ».

- 212 –
Je me souviens de la plage à Bassam et du restaurant à l’air marin où l’on mange des crevettes et des fruits de mer cuits.

- 213 –
Je me souviens qu’à la basilique de Yamoussoukro le soleil frappe les beaux vitraux et leur donne un aspect éclatant.

- 214 –
Je me souviens du baobab, ce grand arbre à l’ombre duquel les personnes âgées du village racontent des légendes africaines.

- 215 –
Je me souviens de mon entrée au collège Blaise Pascal. Il est vraiment grand : il y a cinq bâtiments, appelés A,B,C,D,S, une cantine, des terrains de foot, de hand, de volley, de base-ball et une piscine.

- 216 –
Je me souviens de la première fois où j’ai mangé de l’attieké avec de la sauce africaine : c’était bon !

- 217 –
Je me souviens du voyage à Yamoussoukro, j’ai dormi dans un hôtel miteux.

- 218 –
Je me souviens des bus scolaires de la SOTRA. Ils étaient si remplis d’élèves qu’en les voyant, on pouvait croire qu’ils allaient craquer.

- 219 –
Je me souviens de cette recette africaine, le foutou : c’est une boule de pâte de banane écrasée, grasse et gluante, difficile à digérer. Je ne risque pas d’en manger à nouveau !

- 220 –
Je me souviens de ces oiseaux de Côte d’Ivoire, étranges, gris avec un bec jaune. Leur cri ressemble à un aboiement et chose étonnante, ils avalent les fleurs d’un seul coup de bec ! Ce sont des youyous.

- 221 –
Je me souviens de ce beau cheval noir qui galopait sur la plage de sable blanc à Bassam.

- 222 –
Je me souviens d’une promenade sur la plage de Bassam parmi les crabes et les coquillages.

- 223 –
Je me souviens de la première fois que j’ai mis le pied en Afrique. Quelle chaleur !

03.06.2008

1er jour

Bonjour à tous et bienvenus à bord