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30.06.2008

Descriptif : planneur stratégique

En réponse au flot incessant de questions sur l’intitulé, le contenu et l’objet du métier de planneur stratégique, je propose ce post. Je tiens toutefois à militer en faveur de cette fonction qui est malheureusement négligé dans la plupart des agences de communication de la Côte d’Ivoire. A l’exception d’Océan Ogilvy et de Voodoo, toutes les autres n’en ont pas. Alors que la tendance mondiale est la présence de planneurs stratégiques chez l’annonceur.
Pour preuve, les repreneurs d’Oricel, opérateur de téléphonie cellulaire en Côte d’Ivoire en ont recruté. De par sa fonction transversale, le planneur stratégique a une vision anticipative fondée sur l’analyse prédictive qui lui permet d’aiguiller l’entreprise vers des performances optimales. Merci de votre visite et à bientôt.


Planning stratégique
Le planning stratégique est un métier issu de la publicité. Le planneur stratégique est la personne chargée d'élaborer les stratégies de communication d'une marque et d'en orienter l'exécution créative. C'est un marché professionnel très étroit (40 à 50 personnes en France, cinq recrutements annuels). Il n'existe pas de formation spécifique. Il est intéréssant de remarquer que la plupart des planneurs en activité proviennent d'horizons aussi divers qu'éloignés. Au quotidien, le métier nécessite une grande culture générale, un sens critique, une bonne capacité rédactionnelle, et le sens de l'"air du temps"[1]

Historique et évolution
Le métier de planneur stratégique est né dans les agences londoniennes en 1968, en particulier chez BMP (Boase Massimi Pollit) qui ont été les premières à mettre au point une méthodologie originale en matière de création publicitaire qu'elles ont appelée « strategic planning ».
Cette profession s'est développée dans les grandes agences de publicité qui ont progressivement introduit cette fonction dans leur organigramme dans la deuxième moitié des années 1980 en France.
Ces dix dernières années des planneurs stratégiques sont également apparus dans les autres agences de communication (marketing direct, Internet...), et dans les médias (les centrales d'achats...)...

Descriptif et missions
Il est impossible de s'accorder sur une seule et même définition du planning stratégique, car on ne trouve pas deux agences où on le pratique de la même manière. Pour résumer, la mission du planneur stratégique varie en fonction du planneur qui le pratique, de l'agence où il le pratique, et de l'importance que l'équipe dirigeante en place lui accorde. L'apparition récente de planneurs stratégiques hors des agences de communication (chez l'annonceur, dans les agences média, dans les bureaux de tendances...) complique encore davantage l'élaboration d'une définition qui puisse englober toutes les facettes de ce métier complexe.
Pour obtenir des résultats sur les ventes, il est nécessaire de planifier sa stratégie, d'être juste et créatif à tous les niveaux : consommateur, marque, produit, communication. Le planneur stratégique a pour principale mission de mettre à profit son analyse des études consommateurs, son observation des tendances et sa connaissance du marché afin d’enrichir la réflexion des annonceurs en amont, et de collaborer en aval avec les commerciaux et les créatifs à l'élaboration des campagnes.

Dans le détail:
Le planneur stratégique peut jouer un rôle de conseil auprès de l'annonceur. Il fait de la prospective (tendances, besoins, innovations...) et agit en véritable stratège sur les produits et services existants (grandes orientations, renouvellements de forme ou de fond du discours, choix des cibles et des médias...)
Mais il joue également un rôle d’interface avec les créatifs, leur donnant les clefs d’accès afin qu’ils laissent travailler leur imagination, puis les oriente afin de trouver celles qui permettront d'établir la connexion avec les consommateurs, voire de créer des liens profonds, riches et durables.
• Il leur transmet sa vision du consommateur, de la marque, des produits, et des services.
• Il exploite l'imaginaire ambiant : le cinéma, la littérature, le design...
• Il aiguille les créatifs, leurs conseille les options qui lui apparaissent comme les plus pertinentes, opportunes, efficaces.
Même si, au final, c'est le directeur de création qui a le dernier mot sur la campagne.
Bien que central dans la réflexion stratégique, le planneur n'est qu'une pièce du puzzle que constitue l'élaboration d'une campagne de communication réussie. Certaines agences s'en passent encore, confiant à leurs commerciaux et créatifs le soin d'élaborer eux mêmes la stratégie.

Compétences et profil
Bien que plutôt issu d'études littéraires, il n'existe pas de profil type du planneur stratégique. Il est à remarquer que certains planneurs le sont devenus après avoir été commerciaux, ou créatifs en agences de communication.
Il doit posséder une grande sensibilité, de l'imagination et une bonne dose d’esprit créatif. Il se doit d’anticiper les tendances et les comportements, les "capter" afin de mieux les utiliser.
Pour « humer » les tendances, il observera les consommateurs ; et aussi enquêter en interrogeant des spécialistes (sociologues, patrons d’entreprises…) et les consommateurs afin d’expliquer les divers phénomènes de société et ensuite orienter la création. Ses outils sont donc les tests, les enquêtes marketing… mais aussi, et surtout l’observation in situ. Il est nécessaire qu’il suive l’actualité cinéma, de la littérature (etc.) ainsi que des tendances sociétales.
En bref, il faut être pragmatique, aimer découvrir de nouveaux univers, apprendre, comprendre, analyser et observer les comportements des consommateurs. Être souple, critique, convaincant et convaincu, et parfois impertinent, sont les qualités indispensables que doit posséder un planneur stratégique.

26.06.2008

Business Games

J’espère fouetter la frilosité de nos managers en matière d’initiative marketing en présentant ici des projets réussis, des initiatives réalisés ailleurs (cf. Mécénat). Les Business Games sont des voies à explorer en raison de leur fort impact immédiat et des bénéfices à long terme. J’explique. Etant majoritairement destinés à un public jeune, la marque est sûre d’avoir pour l’avenir un public acquis et captif. Ciao et à très bientôt.

Les étudiants américains, champions du monde de marketing
( Comme si on ne s’en doutait pas)

5a3f3af83ea94687c039ab3cc32e1466.jpgTendance forte dans les entreprises et les grandes écoles, les business games permettent de soigner l’image des uns et des autres. Le 10 juin 2008, les États-Unis ont remporté l’édition annuelle du jeu d’entreprise L’Oréal Brandstorm. Cette année, les candidats, des étudiants en marketing venus du monde entier, devaient présenter une gamme solaire spéciale 13-25 ans pour la marque Vichy. Reportage au siège de la multinationale le jour J.
Ébullition au siège de L’Oréal, à Clichy (92). Ce 10 juin 2008, le titanesque groupe de cosmétiques organise son concours international le « L’Oréal Brandstorm ». 4617 étudiants en marketing issus de 470 écoles ou universités implantées dans 38 pays ont fait le déplacement. But du jeu : se mettre dans la peau de directeurs de marque et concevoir la chaîne marketing d’un produit, de l’analyse du marché à la campagne de pub en passant par le packaging. Cette année, les candidats, regroupés en équipes de trois, avaient pour défi de créer une gamme de protection solaire Vichy (une marque du groupe) pour les 13-25 ans.
Dans le hall de L’Oréal, des étudiants – espagnols, russes, japonais, allemands… – tirés pour certains à quatre épingles écoutent le discours d’ouverture du concours. Les Thaïlandaises en profitent pour mettre leurs chaussures à talons hauts. Les Mexicains se photographient.

Prime à l’innovation

A 9 heures, la compétition commence. Réparties dans plusieurs salles, les équipes s’apprêtent à présenter, à tour de rôle, leur travail aux jurys, composés de pontes du groupe L’Oréal et de la célèbre agence de com Euro RSCG. Cinq minutes de préparation et quinze minutes de présentation sont accordées. Dans l’auditorium, la Corée ouvre le bal. Blouses sur le dos, les trois candidats ont choisi de la jouer « pros de la bio ». Sur de la musique pop, ils présentent leur gamme « vaccin », qui inclut des crèmes solaires classiques mais aussi un anti-cernes et un produit pour protéger les grains de beauté. Le jury note l’analyse du marché (20 %), l’innovation (40 %), la pub et la promotion (15 %), l’approche stratégique (10 %), la présentation et l’esprit d’équipe (15 %). A la fin de la prestation, il pose des questions. Si le côté prévention du projet a plu, l’ensemble manquait un peu de fantaisie pour interpeller les jeunes. Et les Coréens ont remballé leur matériel…

Six mois de travail en équipe pour les étudiantes de l’Essec

Après les Suisses et leurs capsules interchangeables aux différents effets (détoxiquant, rafraîchissant, protecteur…), c’est au tour des Françaises de faire leurs preuves. Tongs aux pieds, vêtues de blanc et d’orange (jusqu’au bout des ongles), Maïa (25 ans), Anne-Laure et Laure (23 ans) veulent faire rêver avec leur « Sunny reflex ! ». Ces étudiantes de l’ESSEC (École supérieure des sciences économiques et commerciales) ont créé une gamme composée d’une bouteille et d’une crème en stick contenue dans un boîtier style « téléphone portable » avec miroir intégré. Mais l’atout majeur de leur projet reste la communication. Les filles ont misé sur une présence sur Facebook, MSN et des jeux concours sur des bornes d’animation avec des Wii et des iPod à gagner. Plus innovant, elles ont inventé un bracelet-clé USB permettant d’obtenir un « diagnostic de peau » dont 1 € de la vente sera reversé à une association contre le cancer. Leur présentation s’achève par un karaoké.
Pour le jury, les Françaises se sont un peu éloignées de l’esprit de la marque Vichy, plutôt médical/spécialiste. Peu importe. Pour elles, le plus dur est passé. « Nous travaillons sur ce projet depuis le mois de janvier 2008, sans bénéficier d’aménagement de cours. Pendant ces six derniers mois, nous avons donc mis de côté les loisirs et travaillé le soir et le week-end », raconte Maïa. « Nous avons pensé à notre produit 24h/24. Nous prenions des idées partout, jusque dans le rayon cirage des supermarchés », ajoute Anne-Laure.

Dans la peau d’un chef de produit

Le jeu en vaut la chandelle : 10000 € pour le 1er prix, 5000 € pour le 2e et 2500 € pour le 3e. Le concours reste aussi une excellente manière de se faire remarquer. « On a la chance de créer des produits, de les montrer. C’est une bonne expérience pour nous. Les gens nous regardent et c’est bon pour nous », expliquent Marcel, Nelson et Paolo, les Brésiliens très décontractés, passés derrière les Hongrois, eux-mêmes passés derrière les Françaises. « La raison première n’est pas de se faire recruter… Le jeu permet surtout de se mettre dans la peau d’un chef de produit, d’innover sans aucune barrière, de sortir la tête des bouquins », confie Laure. Bon, évidemment, si cela débouche sur un contrat d’embauche, difficile de refuser… « C’est un projet valorisant que nous allons inscrire sur notre CV », avoue du reste Maïa.

134 recrutements en 2007

L’entreprise y trouve aussi son compte. « Créé en 1993, L’Oréal Brandstorm permet de repérer des talents, de cerner leur personnalité, ce que l’on ne voit pas forcément sur un CV. En 2007, nous avons ainsi recruté 134 candidats », déclare Geoff Skingsley, vice-président directeur général des relations humaines. Le business game permet également de présenter les métiers du marketing aux étudiants, de faire naître des vocations, de faire parler du groupe et d’entretenir un réseau avec les établissements.
Y-a-t-il un risque de copie des idées livrées par les étudiants ? « Les concepts présentés ne seront pas commercialisés. S’ils sont repris, nous proposerons des embauches ou des primes aux jeunes pour qu’ils les développent. Ce fut le cas pour un gel en spray », assure Cédric Noix, responsable du recrutement produits grand public chez l’Oréal. « De notre côté, nous signons une clause de confidentialité », ajoute Olivier, un candidat suisse. Il n’empêche… Quand on voit la qualité des projets présentés, on ne peut s’empêcher d’imaginer des produits inspirés de ceux-ci apparaître un jour sur le marché… « Question protection solaire, les adolescents restent une cible oubliée. C’est un problème de santé publique », glisse Marion Pujo Valentin, directrice générale de Vichy. Alors qui sait ?

Les Américains, pros de la com

Ce soir-là, ce ne sont pas les Argentines (arrivées 4e) et leurs boîtes boules (en forme de soleil), les Singapouriennes (3e) et leur présentation super pro ou encore les Anglais de Cambridge avec leur gamme « Magnetic » pour hommes qui ont remporté le gros lot. Lors de la finale au Showcase, à Paris, ce sont Matt, Blake et Monica, de l’université américaine Brigham Young, les champions du marketing. Leur produit « Shade » (une bouteille sous forme de lunettes de soleil qui s’attache partout) et leur pub ont séduit le jury d’honneur où siégeait notamment Jean-Paul Agon, directeur général de l’Oréal et Mercedes Erra, présidente exécutive de Euro RSCG. Comme les jeunes Américains ont remporté le prix de la meilleure campagne de communication, cette dernière les a invités à passer une semaine dans l’agence. Un bon tremplin pour débuter une carrière.

23.06.2008

Obama marketing

Je suis très flatté d’avoir été taggué par Théo Kouamouo au sujet d’Obama. Mais je propose une réponse indirecte pour une raison toute simple. Malgré ses origines et la couleur de sa peau, Obama est pareil àc7cc7b4ed80f302f116a72d1c56db313.jpg n’ importe quel autre candidat démocrate classique à l’élection américaine. Ils brillent tous par leur totale ignorance du monde extérieur aux USA. Et quand au sort réservé à l’Afrique, je ne me fais aucune illusion. Pour sortir de notre marasme, nous ne devrons compter que sur nous –mêmes.
Tout ceci n’occulte en rien l’exploit réalisé par le candidat Obama et qui mérite d’être célébré à sa juste valeur. Montrant ainsi que toutes les limites peuvent être repoussées par des hommes de foi comme notre continent a tant besoin. Je vous présente ce magnifique article (que je n’ai malheureusement pas le temps de traduire) qui fait l’apologie de la stratégie marketing d’Obama, qui pourtant ne partait pas favori. Merci à tous pour votre fidélité et à bientôt.

The brilliance of Obama marketing
The staggering rise of Barack Obama over the last ninety days carries many lessons that can be applied unilaterally in the corporate world. His meteoric rise to the front runner position for the Democratic Party Nomination is nothing short of a marketing coup of unprecedented proportions. Indeed what he and his team have done over the past few months will be studied for decades. In this article we will take a closer look at the brilliance behind his campaign marketing. To be clear this article states no opinion or preference of which candidate or party is to be preferred, this is merely a discussion of what has become one of the most successful marketing campaigns of all time and how the techniques can be applied to normal business operations. As we continue to analyze the strategies behind his campaign we are constantly figuring ways we can apply it to our promo items business. Some of what we have taken from this is discussed in the following paragraphs.
A few months ago the dominance of Hillary Clinton was so uncontested that Saturday Night Live host Brian Williams joked in skits that it was a foregone conclusion. In the skit he quips about how the media had already ordained her the winner and paraphrasing that it was a waste of time for other candidates. Skip ahead a few months and hardly a commercial passes on the evening news without some coverage of Barack Obama even on off election nights. What powered the transformation was absolutely brilliant personal and viral marketing at all levels. Merriam Webster defines marketing as the process or technique of promoting, selling, and distributing a product or service. Barrack Obama is both the product and the service of course as his entire campaign has been astutely directed like a well defined marketing campaign. Tuesday night witnessed the tenth straight campaign victory for Obama and it is now all but impossible for his opponent to end up ahead in pledged delegates. In short regardless of the outcome his marketing campaign was so successful that he has achieved absolute victory. The strategy they followed was simple and perfectly executed.
Senator Clinton started out with more money, more support and was an established name. She was very much akin to the large established competitor in a marketplace with a dominant position and substantial infrastructure in place throughout the country. Meanwhile Senator Obama was the new kid on the proverbial block with not much in the way of resources and an undefined brand. Rather than trying to take on Senator Clinton no her “turf” the campaign attacked on the edges foregoing some of the larger but fewer delegate rich States in favor of more but smaller States. Instead of concentrating his efforts in a few areas which could have ended his campaign if resources and efforts went into a failure he went after the overlooked regions. This is akin to a competitor targeting an old trusted client that doesn’t get the same level of service or attention as a new client you are actively trying to capture. Perhaps an even better analogy would be that Barrack Obama did not try to compete by selling the hottest item on the market in direct competition with the largest player in that market but instead picked a product not heavily marketed by his competition and sold it heavily to smaller niche markets.
The campaign also banked heavily on word of mouth and subsequent momentum to further the dollars they spent and in turn generate even more revenue. By gaining support like he did in each area he rapidly built up a base of dedicated supporters actively selling his message to more and more people. Just as important to his success was the geographic and demographic dispersion of these supporters which is clearly being illustrated in his growing dominance across all demographics. Sure he is spending money at unprecedented levels as well but his victory margin arguably is coming from the initial efforts of individual supporters that has snowballed across the country. It is the equivalent of immensely successful viral marketing.
The lessons to be learned and applied are simple: don’t overlook the smaller clients in favor of the big prize as ultimately the smaller clients are your stable base, utilize this base to promote your message through innovative marketing programs and more importantly conventional wisdom is often much less valuable than actual results. The Senator has turned many old marketing premises on their respective heads and has fully utilized “Web 2.0″ in a way never before seen. Whatever the outcome of the race what he and his campaign have done will be studied for decades to come.

19.06.2008

Mécénat

L'opération "Bicici Amie des Arts" est un des rares exemples de réussite local en matière de mécénat. Elle s'est institutionnalisée et devient un élément intrinsèque de l'identité de la banque. Loin des errements habituels dans ce domaine, la banque nous offre une campagne parfaitement calibrée (artistes de haut niveau, médiatisation intensive et coordonnée et exposition de qualité). Même si la stratégie vient de très loin, cela n'enlève rien au mérite de l'équipe local.
Et contrairement aux idées reçues, le mécénat est bel et bien un outil de prospection (indirecte mais prospection tout de même), d'accroissement certain et quantifiable de la notoriété et de créations de connections émotionnelles.
A ce sujet, je tiens à partager avec vous cet article du journal économique "Les Echos" qui nous montre l'ouverture d'esprit nécessaire aux managers pour mener le genre d'opération précitée. A vos marques...


De l'art pour gérer la complexité et la diversité

S'ouvrir à la culture et à l'art peut aider les managers à gérer un environnement de plus en plus mouvant. Une expérience que tente l'université de Rome Luiss.
DE NOTRE CORRESPONDANTE À MILAN
Lire un bilan, décrypter les segmentations de clientèle ou faire de la gestion prévisionnelle sont des savoirs indispensables aux entreprises, mais insuffisants : il faut désormais pouvoir faire appel à la créativité et à la sensibilité de tous, salariés, fournisseurs, créatifs ou non. Les formations initiales des managers, tournées vers les matières financières ou le droit, ne peuvent guère les aider à développer leur sens de la création. Pour y parvenir, une solution : s'ouvrir à la culture et à l'art.
L'université de Rome Luiss, l'une des grandes universités et « business schools » italiennes, liée au groupement patronal Confindustria, a décidé de créer le premier cours destiné à former les managers à l'art : « Arts and cultural skills for management ». « Je suis consultante auprès d'entreprises qui veulent s'ouvrir à la culture et il est souvent difficile de trouver dans ces sociétés des personnes capables d'être des interlocuteurs, par manque de compétence ou de sensibilité », explique Valeria Cantoni, professeur d'art et entreprise à l'Université catholique de Milan et coordinateur scientifique du cours. « De son côté, le directeur de la Luiss, Pierluigi Celli, travaille sur l'idée de former des managers toujours aussi efficaces mais aussi plus sensibles, plus cultivés, de manière à être davantage capables de gérer des situations complexes. » En apprenant à regarder l'art - ou à interpréter un texte -, on ne se fait pas seulement plaisir, on apprend en somme la « pensée latérale », on gagne en capacité critique et en vision, et l'on peut trouver une solution pour résoudre un problème professionnel...
Cette approche devrait permettre, selon la Luiss, de former des managers qui personnifient le « penser en Italie », caractéristique des réussites de plusieurs grandes sociétés italiennes créatives, dans la mode comme dans le design. Certes, il existe déjà des sessions de formation destinées à éveiller la sensibilité ou la créativité des managers. Mais il s'agit là de la première formation longue (un semestre) qui se déroule au sein d'une université. Cette session, expérimentale, est aussi la première à être le miroir des mastères de management des activités culturelles, qui se multiplient aujourd'hui dans les « business schools » et les universités : il s'agit cette fois non pas de former les professionnels de la culture aux méthodes du management, mais bien l'inverse.
Sensibilisation au beau
Le cours est destiné aux professionnels de la communication qui veulent faire entrer la culture dans leur société, ou qui sont dans une société voulant s'y intéresser, et qui devront par exemple gérer les rapports avec des artistes ou des commissaires d'exposition. Il concerne aussi les directeurs des ressources humaines, qui sont amenés à gérer des salariés aux cultures diverses. Il est aussi destiné aux managers du changement ou de l'innovation, aux managers d'entreprise qui ont à gérer des créatifs... Parmi ses objectifs de management, on peut citer la valorisation de l'identité « corporate » d'une entreprise, la valorisation de la diversité, la sensibilisation au beau et à la qualité.
Le comité scientifique du cours, semestriel, comprend, outre des universitaires, un philosophe, un metteur en scène et un écrivain. L'équipe enseignante s'est, elle, adjointe toute une série d'artistes. Des témoignages de managers tels que la responsable des collections de Deutsche Bank, propriétaire d'une impressionnante collection de dessins contemporains - en Italie - ou un professeur en innovation de l'université danoise de l'Education, sont également prévus. Les modules de formation couvrent des thèmes tels que « capacité critique et vision », culture d'entreprise, créativité, gestion des relations. Les leçons ex cathedra ne suffisent pas pour un tel projet. Celles-ci seront donc complétées par des ateliers, qui se dérouleront pour la plupart à la Fondation Olivetti de Rome. Des ateliers d'écriture et de théâtre sont aussi prévus, afin de développer la sensibilité aux mots ou d'analyser comment le théâtre peut être un modèle d'organisation. Des séminaires avec des artistes, des visites à des expositions, des ateliers d'artistes ou des collections privées sont aussi prévus. Les participants au cours devront travailler sur un projet individuel ou en petits groupes, en vue de formuler des solutions à un problème précis.
Si ce cours est le premier du genre, la Luiss de Rome a, par ailleurs, aussi inclus dans son master pour les dirigeants seniors un atelier de théâtre destiné à aider les équipes à consolider leurs liens. L'art et la culture, décidément, ne veulent plus rester seulement l'apanage des académies des beaux-arts.
MARIE-LAURE CITTANOVA

18.06.2008

strategic planning

Je vous présente ici les caractéristiques de mon métier à Océan Ogilvy. C'est une fonction qui n'est pas très répandu ici, vu que la majorité des agences pensent pouvoir s'en passer et confie leur stratégie à des chefs de publicité. Cela produit bien entendu des résultats désastreux en terme de réflexion, de positionnement et donc de solutions créatives.
Concrètement, j'ai un œil dans tous les dossiers en cours. Mais surtout, j'élabore les recommandations stratégiques des futurs clients soit en prospection simple, soit en appel d'offres. Aussi les recos pour des actions importantes des clients de l'agence.
J'ai mille choses à dire sur le sujet, mais vous aurez la suite dans les prochaines notes. Merci de votre visite, à bientôt.




Métier : Planneur stratégique
Autres appellations : Assistant(e) planneur, planneur stratégique junior Structure
ACC AM R&M

Rattaché à : Responsable/Directeur(trice) du planning stratégique
Supervise:
Environnement professionnel / relation avec les tiers : Annonceurs, commerciaux, créatifs.
Raison d'être, finalité
Effectue une veille économique et marketing des marchés et des analyses stratégiques fines afin d'enrichir la réflexion en amont (commercial) et en aval (création) des différents responsables.
Activités principales
Effectue les recherches, les études suivant les besoins de l'agence en terme de compétition ou de suivi des budgets. Travaille sur l'architecture et sur le développement du produit. Etudie l'ensemble des éléments de la marque, du produit, et de la concurrence. Analyse la culture de la marque et ses liens avec les consommateurs. Analyse les tendances socio-économiques et socio-culturelles. Procède à l'analyse stratégique des marques afin d'enrichir la réflexion des commerciaux et des créatifs. Est l'interface entre les commerciaux et les créatifs. Conseille les équipes commerciales et créatives sur la définition des stratégies publicitaires. Peut enrichir la réflexion conseil par la proposition d'alternatives créatives et innovantes. Peut prendre directement des briefs clients. Peut rédiger la copy strategy (cahier des charges) qui servira de référence à tous les intervenants de la campagne publicitaire.
Profil
Connaissances outils, savoir-faire : Connaissance des campagnes du client et de celles de la concurrence. Est sensibilisé(e) aux courants sociologiques. Maîtrise des outils de veille concurrentielle, économique et stratégique. Maîtrise des outils d'études (quantitatif-qualitatif).
Qualités requises : Sait anticiper la tendance. Sensibilité créative. Bon sens. Rigueur. Curiosité. Culture générale.
Formation recommandée Expérience professionnelle
Formation généraliste, de type universitaire ou grandes Ecoles, à orientation littéraire ou sciences humaines (sémiologie, sociologie, psychologie). Débutant(e) accepté(e) (première expérience en stage ou en apprentissage souhaitable) ou une expérience de deux à trois ans dans des fonctions commerciales voire parfois dans des fonctions créatives.
Passerelles et évolutions professionnelles
Courte : Planneur stratégique senior (selon la taille de l'entreprise)
Longue : Responsable/ Directeur du planning stratégique, DGA, DG. Agence-conseil en communication : oui
Agence-média : oui
Régies et médias : oui
Autres passerelles : oui
Tendance d'évolution du métier
Tendance d'évolution stable. Beaucoup de demande de jeunes diplômés pour très peu d'offres.



Métier : Directeur(trice) du planning stratégique
Autres appellations : Responsable du planning stratégique Structure
ACC AM R&M

Rattaché à : Directeur(trice) général(e )
Supervise: Planneur stratégique/ Planneur stratégique junior, assistant planneur
Environnement professionnel / relation avec les tiers : Annonceurs, commerciaux, créatifs, direction générale, direction administrative et financière.
Raison d'être, finalité
Par l'animation de son équipe, il(elle) donne des clés d'accès aux créatifs afin d'alimenter leurs réflexions.
Activités principales
Anime les équipes du planning stratégique, supervise leurs recherches et valide leurs recommandations. En amont, conseille les équipes commerciales sur la définition des stratégies publicitaires. Conduit des recherches sur des sujets spécifiques (évolutions comportementales, courants socio-culturels…) Participe à l'enrichissement des méthodes et process de travail de ses équipes.
Profil
Connaissances outils, savoir-faire : Maîtrise des outils de gestion. Maîtrise des outils de veille concurrentielle, économique et stratégique. Maîtrise des outils d'études (quantitatif-qualitatif).
Qualités requises : Aptitude au management, à l'animation et au développement de ses équipes. Sens critique. Capacité de conviction. A une sensibilité psycho-socio-sémio. Bon sens. Rigueur. Curiosité. Culture générale. Sait prendre du recul par rapport à la problématique de
Formation recommandée Expérience professionnelle
Formation généraliste, de type universitaire ou grandes Ecoles, à orientation littéraire ou sciences humaines (sémiologie, sociologie, psychologie). Expérience de cinq à dix ans (selon la taille de l'entreprise) en tant que planneur stratégique.
Passerelles et évolutions professionnelles
Courte :
Longue : Directeur(trice) général(e) adjoint(e), Directeur(trice) général(e) Agence-conseil en communication : oui
Agence-média : oui
Régies et médias : oui
Autres passerelles : oui
Tendance d'évolution du métier
Tendance d'évolution stable.

Marketing politique

Marketing Politique


Si l’on peut vendre un produit à des consommateurs grâce à des techniques de marketing, on peut également vendre des idées politiques et des hommes politiques grâce à des techniques similaires. Voilà sur quoi se base le marketing politique. Est-il un danger pour la démocratie ou un moyen comme un autre de faire la promotion d’idées politiques ?

Comment fonctionne le Marketing Politique?

Le marketing politique consiste à déterminer les attentes des électeurs ou d’un groupe d’électeurs par le moyen de sondages ou de groupes de réflexions composés de panels d’électeurs cibles, pour ensuite construire une politique qui correspondra à leurs attentes et les incitera à voter pour le candidat choisi. Les politiques ne sont donc plus élus pour leurs idées, mais s’inscrivent dans une stratégie politique où ils essaient de se créer une image positive et de monter le programme parfait qui plaira au plus grand nombre. Le politique est donc un véritable jeu donc l’unique but est de gagner pour prendre le pouvoir.

Mais alors que le marketing commercial s’appuie sur des études de marché pour créer ses campagnes publicitaires, le marketing politique lui s’appuie sur les sondages d’opinions pour créer sa campagne de propagande. La publicité ou la propagande se positionnent comme source d’information et comme aide à la prise de choix face à l’abondance des produits ou des candidats.

Le Politicien comme produit modèle

Dans le marketing politique, chaque politicien est une image de marque à construire auprès du public. Une fois l’image construite, il sera à même de devenir le produit phare d’un parti et le représenter. Ainsi, le politicien n’est plus l’incarnation de ses idées et de ses projets de vie, il doit représenter les idées de la majorité de la population. Son style devient donc bien plus important que ses paroles.

L’électeur est-il un consommateur ?

Si on admet que le marketing politique a pour but de vendre des idées ou des hommes politiques, dans ce cas il faut également admettre que les électeurs sont des consommateurs. Mais que consomment-ils réellement? Ils consomment des rêves, l’espoir d’un monde meilleur, chacun avec une vision de ce monde meilleur à la fois individuelle, pour soi, et collective, pour la nation. A ces consommateurs d’espoir, il faut vendre un candidat en nombre suffisamment important pour que ce dernier puisse prendre le pouvoir.
Le consommateur-électeur est donc influençable dans la mesure où il est relativement ignorant. Pour John Quelch, un professionnel du marketing aux Etats-Unis, 20% des américains portent une attention particulière à la politique tandis que les 80% restants d’électeurs potentiels n’ont pas de temps à y consacrer, n’y voient pas l’intérêt ou ne voient pas de différence significative entre les candidats. Ces derniers, les électeurs mal-informés sont la cible prioritaire du marketing politique puisqu’ils sont potentiellement à la recherche d’idées politiques. Justement, les spécialistes du marketing sont là pour leur en fournir.
Dans cette optique, la lutte contre l’abstention est principalement une invitation de se prononcer à ceux qui n’y s’y intéressent pas. Un abstentionniste qui vote pour la première fois étant plus influençable.

Dans son livre Propaganda, Edward Bernays affirme en effet que :
« La manipulation consciente et intelligente des habitudes organisées et de l’opinion des masses est un élément important dans la société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme invisible constituent un gouvernement invisible qui est la vraie force dirigeante de notre pays… Nous sommes gouvernés, nos esprits sont forgés, nos goûts dictés, nos idées suggérées principalement par des hommes dont nous avons j’aimais entendu parler. C’est un résultat logique de la façon dont notre société démocratique est organisée. Un grand nombre d’humains doivent coopérer de cette manière dans la mesure où ils doivent vivre ensemble dans une société fonctionnant de la manière la plus fluide possible… Dans presque tous nos actes de la vie quotidienne, que cela soit dans la sphère politique ou commerciale, notre conduite sociale ou notre pensée éthique, nous sommes dominés par une portion relativement petite de personnes… qui comprennent le processus mental et le schéma social des masses. C’est eux qui tirent les ficelles qui contrôlent l’opinion publique… »
Ainsi le marketing politique selon Bernays est utilisé par une certaine élite « bien pensante » comprenant le fonctionnement de la psychologie des masses pour préserver un climat social apaisé. Mais également, on le comprend, pour s’assurer une place en haut de la hiérarchie sociale.

je me souviens

Ces vers de la part de gamins de 10 12 ans sont magnifiques, sur plusieurs plans. Au delà des inévitables clichés, ils révèlent certains de nos traits, mais surtout la perception que les autres ont de nous. Au fil de ce document, j'ai été traversé par plusieurs émotions, comme dans une montagne russe et espère que vous le ressentirez à votre façon sans prendre la mouche ou autre chose. C'est très ludique et ne doit, je le pense, pas dépasser ce cadre. Bonne lecture à tous et à bientôt.



Je me souviens...

l’Afrique !
Semaine de la francophonie 2004
Lycée Blaise Pascal – Abidjan
Côte d’Ivoire
Recueil de souvenirs d’Afrique et en particulier de Côte d’Ivoire à la manière de Georges Perec, Je me souviens.
Témoignages recueillis et mis en mots sous la direction de Madame Gadowski, professeur de français de la classe de 5e5.


-1-
Je me souviens du jour où je suis arrivé à Abidjan. L’air y était chaud et il y avait vraiment beaucoup de taxis !

-2-
Je me souviens de ma première entrée dans cette ville lumineuse et splendide : Yamoussoukro.

-3-
Je me souviens de la première fois où je suis allé à Assinie. Il y avait du sable, des palmiers, des maisons en bois et un magnifique coucher de soleil.

- 4-
Je me souviens de ce 31 décembre où les pétards faisaient vraiment du boucan ! Les feux d’artifice éclairaient le ciel étoilé et les rues d’Abidjan étaient envahies de fumée.

- 5-
Je me souviens de la mer sur la côte ivoirienne : elle était vert foncé. Ce qui m’a le plus surprise, c’est la hauteur et la puissance des vagues. Elles ont presque réussi à m’emporter !

- 6-
Je me souviens de la première fois où je suis allée au village : les enfants n’avaient jamais vu de voiture !

- 7 -
Je me souviens de ces reptiles dressés sur une branche à la lisière de la forêt. J’observais ces fabuleux serpents. On aurait dit des lianes en mouvement.

- 8 -
Je me souviens de ce vendeur de brochettes dans une grande rue de Bouaké. Lorsqu’on avait des dîners, mes parents lui en commandaient plus de cent car elles étaient toutes petites.

- 9 -
Je me souviens des nuits passées sous l’arbre à palabre à écouter les histoires des vieux griots et à leur imaginer une suite merveilleuse en m’endormant.

- 10 -
Je me souviens qu’un dimanche je suis allé à Grand-Lahou avec mon cousin ; Nous avons mangé des noix de coco.

- 11 -
Je me souviens quand nous étions en retard à l’école parce que les rues étaient bloquées par les manifestations. Nous avons dû prendre un chemin de brousse.

- 12 -
Je me souviens du jour où j’ai mangé du garba. J’ai trouvé ce mets tellement délicieux que, plus tard, j’ai cassé ma tirelire pour en acheter.
- 13 –
Je me souviens des vendeuses d’arachides et de boflotos bien grillés et sucrés. Elles s’installent à chaque carrefour.

- 14 -
Je me souviens des plages de Bassam où les rouleaux sont pleins de pétrole et d’algues et où le sable est jonché de boulettes de goudron, de filets et de toutes sortes de déchets.

- 15 -
Je me souviens des crocodiles de Crocodiles Dipi. Le monsieur qui s’en occupe leur donnait de petits coups de bâton pour les faire bouger et les crocodiles claquaient des mâchoires. Ca faisait un bruit énorme !

- 16 -
Je me souviens de la construction du premier hypermarché d’Abidjan : « Cap Sud ». Tout le monde va y faire ses courses.

- 17 -
Je me souviens d’un étrange animal tricolore qui faisait des pompes. Il grimpait dans un cocotier.

- 18 –
Je me souviens du marché d’Adjamé avec les femmes malinké et les moutons attachés au poignet des paysans.

- 19 -
Je me souviens comme si c’était hier de ce jour où tout a commencé : les coups de canon, les tirs en l’air, les gens couchés à terre. C’était le 19 septembre 1999.

- 20 -
Je me souviens du magnifique flamboyant aux fleurs rouges qui poussait dans mon jardin à Abidjan.

- 21 -
Je me souviens de la première fois où je me suis allongée sous un baobab près d’une rivière.

- 22 –
Je me souviens de mon premier dîner à l’hôtel Ivoire.

- 23 –
Je me souviens de ces femmes africaines, belles chacune à leur façon, très droites malgré la lourde charge des marchandises qu’elles portent sur la tête.

- 24 –
Je me souviens de mon premier concert. C’était celui des meilleurs D.J. ivoiriens. Les jeux de lumière étaient magnifiques.


- 25 –
Je me souviens des poids baoulé que la future mariée porte autour du cou et sur les hanches.

- 26 –
Je me souviens des parties de football que l’on jouait à Lamartine, du sable boueux, d’Alain en défense. J’arrivais à bloquer de nombreux tirs.

- 27 –
Je me souviens de l’attiéké et de l’odeur de la sauce tomate qui se mêle à celle du poulet braisé.

- 28 –
Je me souviens de la première statue de bois que j’ai achetée à Bassam. C’était un tigre, mon animal préféré. Il était en ébène et assez grand.

- 29 –
Je me souviens de ce beau cocotier couvert de noix qui poussait au beau milieu d’Assinie. Son ombre était si fraîche alors qu’il faisait si chaud !

- 30 –
Je me souviens d’une forte pluie qui est tombée pendant trente secondes. C’était en Côte d’Ivoire et je n’avais jamais vu cela.

- 31-
Je me souviens de ma visite au zoo d’Abidjan. Il y avait un lion tout maigre dont on voyait les côtes.

- 32 –
Je me souviens de ce taxi dans cette rue d’Abidjan, construit avec des objets recyclés. Son pot d’échappement était une boîte de conserve.

- 33 –
Je me souviens de la baie des Sirènes.

- 34 –
Je me souviens d’un ami nommé Kévin en Côte d’Ivoire. Il habitait près de notre maison et venait souvent jouer avec moi mais il est rentré définitivement en France.

- 35 –
Je me souviens de ce jour où j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en apprenant la fermeture de mon école que j’aimais tant, à cause de la situation socio-politique du pays.

- 36 –
Je me souviens de la moustiquaire de mon petit frère. Elle était très basse et nous devions nous plier en deux lorsque nous voulions nous mettre debout sur son lit !

- 37 –
Je me souviens des premières vacances au village que j’ai passées à regarder les vieillards jouer à l’awalé sous le grand cacaoyer qui donnait à chaque saison de grosses cabosses réputées pour leur goût.



- 38 –
Je me souviens qu’un jour au marché de Treichville, il y avait un homme qui lançait un enfant dans les airs, le tournait, lui faisait faire des pirouettes.

- 39 –
Je me souviens des taxis, bleus, verts, orange et jaunes qui circulaient en klaxonnant continuellement pour trouver des clients.

- 40 –
Je me souviens de mon arrivée au lycée Blaise Pascal. On m’a surnommé Blakeboeuf, Jean Mouton, Small bête, Jean Merde et moi ça m’énervait !

- 41 –
Je me souviens qu’on jouait au « petit poteau » sur la route avec les enfants du quartier. On portait tous des lékés.

- 42 –
Je me souviens de cet arbre un jour que nous faisions une visite avec l’école : il était immense, son tronc était hérissé de grosses épines. C’était un fromager. Au milieu de ses racines énormes, je me sentais comme protégé par ses hautes branches.

- 43 –
Je me souviens de ce petit singe au nez blanc : il était dans un restaurant de Bassam.

- 44 –
Je me souviens de mon premier tour de karting à Biétry. J’ai failli me casser la figure !

- 45 –
Je me souviens de la piscine à La Madrague.

- 46 –
Je me souviens de Marcory, un quartier calme avec beaucoup de monde.

- 47 –
Je me souviens d’une belle journée passée à l’île Boulet.

- 48 –
Je me souviens avoir traversé un pont de lianes dans un village de la région de Man.

- 49 –
Je me souviens des coups de feu que j’entendais le 19 septembre 2002 avant d’aller à l’école.

- 50 –
Je me souviens de la lagune Ebrié que les pêcheurs traversent en pirogue.



- 51 –
Je me souviens du jour où Karl et moi sommes allés voir le Bélier d’or de Félix Houphouët Boigny à Yamoussoukro.


- 52 –
Je me souviens des grosses tresses africaines que les jeunes filles du village avaient sur la tête.

- 53 –
Je me souviens du terrain de tennis de l’hôtel Ivoire où quatre hommes faisaient des pompes pour s’échauffer.

- 54 –
Je me souviens du ticket vert avec un petit bus dessus que j’ai trouvé en haut de la maison.

- 55 –
Je me souviens de la première fois où j’ai vu mon chat. Il était sous la piscine, aux Deux Plateaux. Sa mère l’avait abandonné et on a dû creuser le ciment pour le dégager.

- 56 –
Je me souviens de l’alloco, des dés de bananes bien dorés qui débordaient de mon assiette comme un volcan en éruption.

- 57 –
Je me souviens de ma première rentrée au collège. J’étais timide et je n’avais pas d’amis mais cela a changé quand je suis entré en 5ème au lycée Blaise Pascal d’Abidjan.

- 58 –
Je me souviens que, lors de la visite de la société SADEM, la chaleur du soleil nous a obligés à boire de l’awadji qui avait un goût de chlore et d’ozone.

- 59 –
Je me souviens de cet orage en Côte d’Ivoire. Jamais la pluie n’a été aussi forte ! Les fleurs se cassaient sous le vent, les branches tombaient, les éclairs étaient bleu électrique et leur bruit résonnait à des kilomètres à la ronde !

- 60 –
Je me souviens d’un singe attaché à une brique qui défendait comme un trésor tout ce qu’il pouvait attraper et griffait quiconque voulait reprendre les objets volés.

- 61 –
Je me souviens de la première fois où j’ai mangé du foutou.

- 62 –
Je me souviens de cette journée où j’ai tant pleuré en voyant sous le gymnase des photos de Madame Chantal Guéroult. On rendait hommage à cette femme qui s’est tant battue pour la réouverture de notre lycée qu’elle aimait beaucoup.


- 63 –
Je me souviens de ce petit crocodile que j’ai pris dans les mains. Je sentais sur son ventre une peau lisse, humide et froide.

- 64 –
Je me souviens des coups d’état à cause desquels on a passé plusieurs semaines enfermés à la maison.

- 65 –
Je me souviens du jour où, à Bassam, je suis monté dans un bateau plein de poissons. C’était au coucher du soleil.

- 66 –
Je me souviens encore du goût du bofloto que j’ai mangé et du bissap que j’ai bu la première fois.

- 67 –
Je me souviens de la première fois où je suis monté dans un train pour Bouaké. La foule était si nombreuse que tout le monde n’a pu embarquer. Dans le wagon, il y avait des dessins de masques qui me faisaient peur.

- 68 –
Je me souviens du zouglou, cette danse ivoirienne si rythmée et si belle que je ne pouvais m’empêcher de la danser !

- 69 –
Je me souviens de la forêt du Banco et surtout de ce bel étang avec des roseaux et de hautes herbes. Sa couleur vert foncé était magnifique.

- 70 –
Je me souviens de ma balade en jet-ski à Bassam. Je recevais plein d’eau dans la figure. C’était génial !

- 71 –
Je me souviens de L’Afrique petit Chaka, un livre que je relisais sans cesse.


-72 –
Je me souviens de la plage ensoleillée d’Assinie où je me suis baigné. Le soir, au soleil couchant, je me suis promené au bord de l’eau à la recherche de dollars.

- 73 –
Je me souviens des vendeurs de Tampico qui se promènent dans toutes les rues d’Abidjan.

- 74 –
Je me souviens de ces jeunes hommes qui avalaient des tessons de bouteille sur le sable de Bassam.



- 75 –
Je me souviens d’une nuit passée sous un arbre couvert de chauve-souris qui nous empêchèrent de dormir.


- 76 –
Je me souviens de ma première bagarre avec un voyou dans une rue d’Abidjan. Ca lui a coûté cher !

- 77 –
Je me souviens des personnes âgées, toutes valides et souriantes de la maison de retraite d’Adjoudoumé.

- 78 –
Je me souviens de ce premier séjour à l’hôtel Sophia de San Pedro. La piscine était remplie d’eau de mer.

- 79 –
Je me souviens de ma première promenade en pirogue sur la rivière Sassandra.

- 80 –
Je me souviens de l’égorgement du mouton pour la Tabaski.

- 81 –
Je me souviens de ce gbaka dans lequel j’ai vu un Baoulé dévorer un garba accompagné d’un gnamakou. Ca avait l’air délicieux !

- 82 –
Je me souviens de ma première classe à Abidjan. C’était le CE2 et je m’en rappelle parce que je n’étais pas à l’aise et ne connaissais personne.

- 83 –
Je me souviens de cette sortie en bateau sur l’eau de la lagune. Les poissons bougeaient dans tous les sens. Nous allions à l’île Boulet.

- 84 –
Je me souviens de mon premier animal familier. C’était une chatte. Quand je lui lançais une boule de laine, elle n’arrêtait pas de rouler sur elle-même. Elle était amusante. Mais nous l’avons donnée à une amie de ma mère qui s’occupe d’elle, quelque part en Côte d’Ivoire.

- 85 –
Je me souviens des marchés d’Abidjan où les étalages étaient couverts de mouches, le sol de boue et de déchets.

- 86 –
Je me souviens d’un drôle d’animal qui faisait des pompes et sautait partout. Il courait en levant les pattes en l’air. Je n’oublierai jamais ce margouillat qui dormait dans ma chambre en Côte d’Ivoire.


- 87 –
Je me souviens de la folle qui m’a volé mon pain-brochette dans une rue d’Abidjan.

- 88 –
Je me souviens d’un paysage merveilleux en Côte d’Ivoire. La famine régnait au milieu de la savane.
- 89 –
Je me souviens de ces beaux pagnes multicolores que se hâtaient de tisser les tisserands de Khorogo.

- 90 –
Je me souviens de ces ondes négatives, si tristes que dégageaient ces gens désespérés, découragés et apeurés lorsqu’ils marchaient le long des routes de Bouaké, fuyant la guerre.

- 91 –
Je me souviens de ces courses au galop près d’Abidjan sous les arbres de la forêt et sur le sable chaud. Mon cheval s’appelait Bambou, c’était le plus rapide et, sous le soleil brûlant, la poussière de sable nous collait au visage.

- 92 –
Je me souviens de cet uniforme à grands carreaux bleus et blancs que je portais dans mon école de Bouaké lorsque j’étais en primaire.

- 93 –
Je me souviens des enterrements villageois avec ces vieillards qui dissimulaient leur joie et leur méchanceté au regard abattu des proches.

- 94 –
Je me souviens des cours de danses africaines que je prenais. Avant chaque cours, on disait tous en chœur : « L’Afrique est un continent merveilleux ! »

- 95 –
Je me souviens du jour où j’ai pris l’avion pour rentrer en Côte d’Ivoire. Du ciel, on aurait dit que les plantations de cacao, d’arachides et de goyaviers recouvraient tout le pays.

- 96 –
Je me souviens du jour où, alors que je jouais au football avec des amis, il y a eu des manifestations. Des filles pleuraient et moi, ça m’amusait. Les portables sortaient des poches de leurs propriétaires et on m’a insulté parce que je n’en avais pas.

- 97 –
Je me souviens de la première fois où j’ai surfé sur les vagues bleues près d’Abidjan.

- 98 –
Je me souviens quand nous avons été rapatriés en France. C’était horrible. Les gens pleuraient : seuls les femmes et les enfants devaient partir.




- 99 –
Je me souviens de la plantation de cacaoyers de mon oncle à Daloa. Les cabosses sont accrochées aux branches et aux troncs. Les arbres sont si grands qu’ils empêchent le soleil de passer à travers le feuillage.

- 100 –
Je me souviens d’une nuit où il faisait tout noir et froid. Ma grande sœur, pour me taquiner, me disait que le kakamouh et les fantômes viendraient me chercher, et moi, je la croyais !

- 101 –
Je me souviens de la Côte d’Ivoire, le pays du football. J’y ai grandi !

- 102 –
Je me souviens du Plateau, le quartier des grands immeubles.

- 103 –
Je me souviens de ces journées à l’île Boulet. En plongée, nous pêchions au harpon des soles et d’autres poissons.

- 104 –
Je me souviens des petits enfants qui vendent des mouchoirs en papier pour gagner de l’argent.

- 105 –
Je me souviens des amies que j’avais en 6ème au lycée Blaise Pascal.

- 106 –
Je me souviens des belles balades à cheval et des obstacles sautés avec mon cheval Bali au club du 43e B.I.M.A.

- 107 –
Je me souviens de ma classe verte à Bassam : je m’étais trouvé une fiancée mais elle était un peu grande pour moi.

- 108 –
Je me souviens du gros varan qu’on a trouvé couché, ou plutôt affalé, dans les pauvres bégonias de Maman.

- 109 –
Je me souviens d’un village de pahut et de maisons où les enfants jouaient au ballon dans les rues désolées.

- 110 –
Je me souviens d’un homme qui n’avait qu’une seule jambe et un seul œil.

- 111-
Je me souviens de cette grande femme africaine qui dansait au rythme d’un tam-tam villageois.


- 112 –
Je me souviens de la première fête sénoufo organisée à Port-Bouët : les femmes dansaient avec des calebasses.

- 113 –
Je me souviens d’un Noël sous les coups de canon. C’était en 1999.

- 114 –
Je me souviens d’une magnifique maison entourée de cocotiers, sur le sable d’Assinie.

- 115 –
Je me souviens de cet arc-en-ciel magnifique qui traversa le ciel bleu de mon pays que le soleil frappait fort.

- 116 –
Je me souviens du jour où mon amie Célia a conduit la voiture de samère sur le pont Félix Houphouët Boigny.

- 117 –
Je me souviens de la naissance de mon petit frère.

- 118 –
Je me souviens de la période où j’ai dû quitter la Côte d’Ivoire à cause des manifestations xénophobes.

- 119 –
Je me souviens de ce jour où un poteau électrique s’est effondré sur notre maison qui était grande et belle comme toutes celles de la Riviera III.

- 120 –
Je me souviens de la magnifique église où j’allais il y a longtemps : la cathédrale Saint-Paul.

- 121 –
Je me souviens du Noël où j’ai reçu un vélo. Il avait un pneu crevé et je doutais que le Père Noël l’ait percé !

- 122 –
Je me souviens des cocotiers minces et très hauts et de leurs noix dont je me délectais.

- 123 –
Je me souviens du jour où j’ai joué à un jeu que m’ont appris les jeunes filles du village. Je ne sais plus comment il s’appelle.

- 124 –
Je me souviens du baobab de l’hôtel Ivoire, couvert de lianes. Il a plus de cent ans et il tient encore !

- 125 –
Je me souviens de la première fois où j’ai mangé de l’agouti.

- 126 –
Je me souviens de la chaleur qui régnait dans ce bateau-bus sur la lagune d’Abidjan.

- 127 –
Je me souviens de cet enfant seul et malheureux qui marchait sur la route d’Atoban.

- 128 –
Je me souviens de ce restaurant ivoirien dans lequel j’ai mangé un plat appelé kedjénou.


- 129 –
Je me souviens de la naissance de mon chien. Il était couvert de sang mais on voyait son pelage noir et marron. Il est né en Côte d’Ivoire.

- 130 –
Je me souviens de cette partie de pêche à Assinie avec des amis. Il faisait chaud et nous ramené quinze tilapias que nous avons ensuite relâchés.

- 131 –
Je me souviens de ce vendeur de brochettes avec son tablier maculé de taches de graisse, installé au bord de la route de Cocody.

- 132 –
Je me souviens de mon quartier, calme, tranquille et paisible où régnait la joie et jeux ivoiriens comme le teck-teck et le poteau sans gardien.

- 133 –
Je me souviens d’un accident à Abidjan. Une voiture bleue avait heurté une voiture rouge.

- 134 –
Je me souviens de mon arrivée en Côte d’Ivoire. Il faisait chaud, très chaud. Il y avait beaucoup de pollution et je toussais beaucoup. « Il faudrait protéger ce pays », me suis-je dit.

- 135 –
Je me souviens du jour où le proviseur de notre lycée nous a dit de nettoyer la salle B1 car les tables étaient couvertes de dessins et de graffitis.

- 136 –
Je me souviens des meetings organisés par les « Jeunes patriotes » dans les rues d’Abidjan. Elles étaient remplies de monde ces jours-là.

- 137 –
Je me souviens des pluies qui provoquent des inondations dans les rues du quartier de la Riviera II.

- 138 –
Je me souviens de cet étrange animal que j’ai rencontré dans mon jardin. Il était plus gros qu’un chat avec des poils noirs comme la nuit. Ses gros yeux me fixaient d’un air sauvage. Il était près à me sauter dessus pour se défendre, les poils hérissés, le dos rond. Cette civette était vraiment impressionnante !

- 139 –
Je me souviens de ce spectacle avec des masques de toutes les couleurs. Des hommes montés sur des échasses dansaient, sautaient. Certaines personnes jouaient avec des branches enflammées. Ca faisait des dessins spectaculaires !

- 140 –
Je me souviens de la fois où nous sommes allés, Stephen et moi, à Yamoussoukro. Nous avons vu des crocodiles.

- 141 –
Je me souviens avoir dormi seul avec mon cousin à l’hôtel Sofitel d’Abidjan.

- 142 –
Je me souviens de la rentrée de 5ème au lycée Blaise Pascal. J’ai enfin revu mes amis après les terribles manifestations de Côte d’Ivoire.

- 143 –
Je me souviens du serpent qui était suspendu à un arbre près de ma maison à Marcory. C’était un boa magnifique qui mesurait environ trois mètres.

- 144 –
Je me souviens de ces enfants pleurant des larmes de sang en voyant leurs parents se vider du leur.

- 145 –
Je me souviens des belles cases, des enfants jouant dans le village, des femmes qui pilent le mil sous un gros arbre et des fanicos dans le marigot.

- 146 –
Je me souviens d’une femelle chimpanzé qui était descendue de son arbre, avait sauté sur mon frère et l’avait mordu au bras. On a dû le vacciner contre la rage !

- 147 –
Je me souviens de ces beignets chauds et dorés appelés boflotos que nous mangions en descendant la route de l’Amicale de Bouaké.

- 148 –
Je me souviens du courage des militaires face aux manifestations des étudiants qui tenaient des machettes à la main et qui causèrent des désastres dans toute la ville.

- 149 –
Je me souviens des expositions à l’école. Ma mère achetait tout ce qui l’intéressait pour aider les orphelins.

- 150 –
Je me souviens du jour où nous avons fêté mon anniversaire à Bassam : le soleil brillait et le sable brûlait.


- 151 –
Je me souviens de ma visite au zoo d’Abidjan avec mon cousin. L’endroit puait tellement que je crachais tout le temps.

- 152 –
Je me souviens du sable chaud, de la mer bleu clair. C’était près d’Abidjan et on aurait dit la Côte d’Azur !

- 153 –
Je me souviens de mon village près de Bouaké où les enfants, torse nu, jouaient au ballon et d’autres poursuivaient une voiture en criant. Ils parlait le baoulé.
- 154 –
Je me souviens des carcasses de voiture à Adjamé dans un garage pourtant bien ordonné.

- 155 –
Je me souviens des vendeurs de produits artisanaux sur la route de Grand-Bassam.

- 156 –
Je me souviens des bus bondés et si chauds à l’intérieur.

- 157 –
Je me souviens de San Pedro : il n’y avait aucune route goudronnée, seulement des pistes de terre rouge. La mer était bleue et belle mais la chaleur peu supportable.

-158 –
Je me souviens des bons pains fourrés et des pains-brochette que mon professeur de tennis m’apportait.

- 159 –
Je me souviens des poteries de Bassam.

- 160 –
Je me souviens du premier coup d’état, un soir de Noël. Les balles tombaient du ciel comme des gouttes de pluie.

- 161 –
Je me souviens de mes premières vacances à Assinie. J’ai vu des crocodiles et fait plein de balades à cheval.

- 162 –
Je me souviens d’un triathlon. Il faisait beau et chaud.

- 163 –
Je me souviens des femmes qui pilaient du foutou dans les cases de Bouaké.

- 164 –
Je me souviens de ces femmes en pagne africain qui vendent du bissap et du gnamakou.



- 165 –
Je me souviens du matin où les militaires ont barré la route de l’école, le boulevard Mitterrand je crois.

- 166 –
Je me souviens d’un grand palmier que je voyais depuis la fenêtre de ma chambre.

- 167 -
Je me souviens de mes premières vacances dans le village de ma mère. Nous avons assisté à des funérailles. Les villageois dansaient au rythme des tambours.

- 168 –
Je me souviens d’un bel archipel. Le soleil frappait les gens qui se baignaient dans une eau glaciale.

- 169 –
Je me souviens du jour où, dans le bruit des armes lourdes, il y a eu le premier coup d’état.

- 170 –
Je me souviens de mon premier repas africain sous les sifflements du vent.

- 171 –
Je me souviens de l’hôtel « Président » à Yamoussoukro. Les chambres sont luxueuses et les lits confortables.

- 172 –
Je me souviens de l’aéroport Félis Houphouët Boigny : les nombreuses personnes trimbalant leurs valises, les appels et les annonces dans les haut-parleurs.

- 173 –
Je me souviens des histoires anciennes racontées par le vieux chef du village, tous les soirs, près du feu.

- 174 –
Je me souviens de la première fois où j’ai goûté ce fruit jaune appelé cacao.

- 175 –
Je me souviens de la première fois où je suis monté dans un bus de la SOTRA.

- 176 –
Je me souviens de mon premier jour au lycée Blaise Pascal.

- 177 –
Je me souviens de cet arbre, un hiroco, à l’écorce lisse.

- 178 –
Je me souviens de San Pedro, de ses nombreux bateaux et des gros poissons débarqués et volés par des enfants.


- 179 –
Je me souviens que j’ai été capitaine de mon équipe de tir à l’arc. On s’était réuni aux Deux Plateaux et j’ai été élu à l’unanimité.

- 180 –
Je me souviens de ma première tortue : elle était de petite taille, avait une très belle carapace et la peau rugueuse. Elle avait deux ans et était bassamoise.

- 181 –
Je me souviens de ce maquis en bord de route, rempli d’ivrognes et de petites vendeuses.

- 182 –
Je me souviens de Cocody, un quartier bruyant où on trouve toutes sortes de moyens de transport : taxis, gbakas, woro-woro, bus…dont les chauffeurs klaxonnent à tout moment.

- 183 –
Je me souviens du jour où j’ai rendu hommage à un proviseur du lycée Blaise Pascal : chaque classe avait préparé quelque chose pour elle. Nous lui avons écrit deux poèmes et il y avait beaucoup de larmes.

- 184 –
Je me souviens de la première fois où je suis resté coincé dans un embouteillage pendant deux heures à Port-Bouët.

- 185 –
Je me souviens des vendeuses d’alloco qui longent les trottoirs d’Abidjan.

- 186 –
Je me souviens des taxis collectifs ivoiriens.

- 187 –
Je me souviens de cette Africaine à qui il ne restait plus que quatre dents : deux en haut, deux en bas. Elles étaient toutes noires.

- 188 –
Je me souviens des poules qui se baladaient dans Port-Bouët et n’avaient pas peur de se faire écraser.

- 189 –
Je me souviens de ma première sortie scolaire à Sévigné lorsque j’étais en CE2 : nous sommes allés à Crocodiles Dipi pour voir les animaux.

- 190 –
Je me souviens qu’à San Pedro, mon père a pêché un requin de plus d’un mètre.

- 191 –
Je me souviens des cinq semaines que j’ai passées sans aller à l’école à cause de cette sale guerre !


- 192 –
Je me souviens de ces marchandes de fruits, de légumes et de viande qui se chamaillaient au marché de Cocody.

- 193 –
Je me souviens de l’énorme python que j’ai porté autour de mon cou. Il mesurait plus de quatre mètres. Je le sentais glisser sur mes cheveux lâchés. J’avais sept ans et c’était à Crocodiles Dipi.

- 194 –
Je me souviens de la dame à qui nous avons donné notre berger allemand avant de rentrer en France. Elle avait deux petits singes, un autre plus gros, une tortue géante, une mangouste, des béliers, des poules…

- 195 –
Je me souviens de ces perles anciennes appelées baya que les danseurs mettaient autour de leurs reins.

- 196 -
Je me souviens des mariages traditionnels bété où les invités dansent le « gbé-gbé ».

- 197 –
Je me souviens des enfants qui, le premier de l’an, mendient, souhaitant une bonne année en espérant un peu d’argent.

- 198 –
Je me souviens que le samedi, quand j’étais petit, j’allais à Marcory chez ma grand-mère. Je jouais au foot torse nu avec des lékés en plastique ou pied nus.

- 199 –
Je me souviens être allé au karting d’Abidjan avec mes petites tantes. Quand je suis sorti, il y avait du sable jusque dans mon short !

- 200 –
Je me souviens du jour de l’examen d’entrée en 6ème à l’école de Cocody I. La bonne et moi, ne connaissant pas ce quartier, avons failli nous perdre.

- 201 –
Je me souviens du fou que j’ai vu dans une rue d’Abidjan. Ses habits étaient déchirés, il était sale et demandait de l’argent à tout le monde.

- 202 –
Je me souviens des vendeurs Dialo et de leurs petites boutiques.

- 203 -
Je me souviens du centre commercial Sococé avec toutes ses boutiques.

- 204 –
Je me souviens des nuits à Assinie où nous allions en pinasse sur la lagune voir les crocodiles.

- 205 –
Je me souviens du jour où, pour la première fois, j’ai volé dans un petit avion. Les hublots étaient ouverts et l’air glissait sur mon visage. Nous avons survolé des plantations de bananiers et de papayers.

- 206 –
Je me souviens de la plage « Aléria » où l’on mangeait un délicieux poulet braisé.

- 207 –
Je me souviens de Yamoussoukro et de la basilique dont les piliers me donnaient l’impression d’être petit, petit, petit…

-208 –
Je me souviens de ce cheval blanc-gris qui galopait gaiement, mais il est mort le pauvre malheureux !

-209 –
Je me souviens de la guerre qui obligeait les paysans d’Abidjan à quitter leurs quartiers pour s’installer ailleurs.

- 210 –
Je me souviens des grands cocotiers le long de la route d’Assinie ;

- 211 –
Je me souviens du jour où pour la première fois j’ai dansé la « Prudencia ».

- 212 –
Je me souviens de la plage à Bassam et du restaurant à l’air marin où l’on mange des crevettes et des fruits de mer cuits.

- 213 –
Je me souviens qu’à la basilique de Yamoussoukro le soleil frappe les beaux vitraux et leur donne un aspect éclatant.

- 214 –
Je me souviens du baobab, ce grand arbre à l’ombre duquel les personnes âgées du village racontent des légendes africaines.

- 215 –
Je me souviens de mon entrée au collège Blaise Pascal. Il est vraiment grand : il y a cinq bâtiments, appelés A,B,C,D,S, une cantine, des terrains de foot, de hand, de volley, de base-ball et une piscine.

- 216 –
Je me souviens de la première fois où j’ai mangé de l’attieké avec de la sauce africaine : c’était bon !

- 217 –
Je me souviens du voyage à Yamoussoukro, j’ai dormi dans un hôtel miteux.

- 218 –
Je me souviens des bus scolaires de la SOTRA. Ils étaient si remplis d’élèves qu’en les voyant, on pouvait croire qu’ils allaient craquer.

- 219 –
Je me souviens de cette recette africaine, le foutou : c’est une boule de pâte de banane écrasée, grasse et gluante, difficile à digérer. Je ne risque pas d’en manger à nouveau !

- 220 –
Je me souviens de ces oiseaux de Côte d’Ivoire, étranges, gris avec un bec jaune. Leur cri ressemble à un aboiement et chose étonnante, ils avalent les fleurs d’un seul coup de bec ! Ce sont des youyous.

- 221 –
Je me souviens de ce beau cheval noir qui galopait sur la plage de sable blanc à Bassam.

- 222 –
Je me souviens d’une promenade sur la plage de Bassam parmi les crabes et les coquillages.

- 223 –
Je me souviens de la première fois que j’ai mis le pied en Afrique. Quelle chaleur !

16.06.2008

planneur stratégique

Un second et dernier insight sur le planning stratégique et après on passe au marketing pur. Promis.

Une question pertinente sur l’avenir de la stratégie en agence. « Est-elle vouée à disparaître au profit de collectifs ou consultants indépendants ? » Quel est notre point de vue, en tant que premier concerné ?
La stratégie ne peut pas disparaître au sein des agences, c’est le nerf de la guerre. Cela fait avancer une agence et sert de caution, oriente sa vision globale. Au-delà de la stratégie pour les clients, il y a la stratégie globale de l’agence qu’il faut prendre en compte quand l’on parle de stratégie. Autre fait important, une agence avec un planning stratégique apporte un véritable « plus métier » à ses clients et conserve ainsi une indépendance et une liberté de pensée vs. toutes les agences qui font appel à des prestataires de services dans le but de « réfléchir » à leur place.

Le passage difficile du « je me lance en premier » étant passé, un étudiant prend la parole et pose la deuxième question. La remarque qui va suivre nous prouve qu’il y a de véritables confusions dans l’esprit des étudiants et que les écoles ne sensibilisent pas assez aux véritables savoir-faire et missions des postes à pourvoir dans les agences. « Peut-on dire que demain, le planneur remplacera le commercial ? ».

Il est impératif de revenir sur la fonction essentielle du commercial, de souligner son efficacité et son implication au sein d’une agence. Reprendre un peu de recul sur le rôle de la stratégie (bien qu’il s’agisse d’une conférence sur ce thème) et de souligner qu’un planneur n’est pas vital à une agence contrairement à un commercial (même si c’est dur à écrire et à accepter). Le planneur, entremetteur et intermédiaire de choix entre les populations et l’agence - en externe-, ainsi qu’entre les commerciaux et les créatifs – en interne – ; n’est qu’un apporteur de solutions supplémentaires. Il faut avoir l’art et la manière de constituer son équipe de planning et savoir la manager pour faire naître de bonnes idées.

« C’est quoi la journée type d’un planneur en agence ? » (qui ne s’est jamais posé la question ?). Effectivement cela intrigue, plus par curiosité que par véritable intérêt je pense, car comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises dans notre intervention, tous les plannings stratégiques en agences sont différents et ont une vision du métier qui leur est propre. Par contre tout le monde se retrouve sur certains points et ce sont eux que j’ai mis en avant pour cette réponse. Le benchmark, meilleur ami des planneurs, mais aussi l’analyse et la compréhension des marchés, la veille pour enrichir les bases de knowledge agence et pour finir la prospective (qui doit être manipulée avec prudence et parcimonie). Une des réalités est la suivante : il est nécessaire de participer à beaucoup de réunions (sans souffrir de « réunionite aigue ») pour accompagner les équipes commerciales et créatives à faire les bons choix et conserver en ligne de mire l’idée proposée au client.

03.06.2008

1er jour

Bonjour à tous et bienvenus à bord

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