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19.06.2008

Mécénat

L'opération "Bicici Amie des Arts" est un des rares exemples de réussite local en matière de mécénat. Elle s'est institutionnalisée et devient un élément intrinsèque de l'identité de la banque. Loin des errements habituels dans ce domaine, la banque nous offre une campagne parfaitement calibrée (artistes de haut niveau, médiatisation intensive et coordonnée et exposition de qualité). Même si la stratégie vient de très loin, cela n'enlève rien au mérite de l'équipe local.
Et contrairement aux idées reçues, le mécénat est bel et bien un outil de prospection (indirecte mais prospection tout de même), d'accroissement certain et quantifiable de la notoriété et de créations de connections émotionnelles.
A ce sujet, je tiens à partager avec vous cet article du journal économique "Les Echos" qui nous montre l'ouverture d'esprit nécessaire aux managers pour mener le genre d'opération précitée. A vos marques...


De l'art pour gérer la complexité et la diversité

S'ouvrir à la culture et à l'art peut aider les managers à gérer un environnement de plus en plus mouvant. Une expérience que tente l'université de Rome Luiss.
DE NOTRE CORRESPONDANTE À MILAN
Lire un bilan, décrypter les segmentations de clientèle ou faire de la gestion prévisionnelle sont des savoirs indispensables aux entreprises, mais insuffisants : il faut désormais pouvoir faire appel à la créativité et à la sensibilité de tous, salariés, fournisseurs, créatifs ou non. Les formations initiales des managers, tournées vers les matières financières ou le droit, ne peuvent guère les aider à développer leur sens de la création. Pour y parvenir, une solution : s'ouvrir à la culture et à l'art.
L'université de Rome Luiss, l'une des grandes universités et « business schools » italiennes, liée au groupement patronal Confindustria, a décidé de créer le premier cours destiné à former les managers à l'art : « Arts and cultural skills for management ». « Je suis consultante auprès d'entreprises qui veulent s'ouvrir à la culture et il est souvent difficile de trouver dans ces sociétés des personnes capables d'être des interlocuteurs, par manque de compétence ou de sensibilité », explique Valeria Cantoni, professeur d'art et entreprise à l'Université catholique de Milan et coordinateur scientifique du cours. « De son côté, le directeur de la Luiss, Pierluigi Celli, travaille sur l'idée de former des managers toujours aussi efficaces mais aussi plus sensibles, plus cultivés, de manière à être davantage capables de gérer des situations complexes. » En apprenant à regarder l'art - ou à interpréter un texte -, on ne se fait pas seulement plaisir, on apprend en somme la « pensée latérale », on gagne en capacité critique et en vision, et l'on peut trouver une solution pour résoudre un problème professionnel...
Cette approche devrait permettre, selon la Luiss, de former des managers qui personnifient le « penser en Italie », caractéristique des réussites de plusieurs grandes sociétés italiennes créatives, dans la mode comme dans le design. Certes, il existe déjà des sessions de formation destinées à éveiller la sensibilité ou la créativité des managers. Mais il s'agit là de la première formation longue (un semestre) qui se déroule au sein d'une université. Cette session, expérimentale, est aussi la première à être le miroir des mastères de management des activités culturelles, qui se multiplient aujourd'hui dans les « business schools » et les universités : il s'agit cette fois non pas de former les professionnels de la culture aux méthodes du management, mais bien l'inverse.
Sensibilisation au beau
Le cours est destiné aux professionnels de la communication qui veulent faire entrer la culture dans leur société, ou qui sont dans une société voulant s'y intéresser, et qui devront par exemple gérer les rapports avec des artistes ou des commissaires d'exposition. Il concerne aussi les directeurs des ressources humaines, qui sont amenés à gérer des salariés aux cultures diverses. Il est aussi destiné aux managers du changement ou de l'innovation, aux managers d'entreprise qui ont à gérer des créatifs... Parmi ses objectifs de management, on peut citer la valorisation de l'identité « corporate » d'une entreprise, la valorisation de la diversité, la sensibilisation au beau et à la qualité.
Le comité scientifique du cours, semestriel, comprend, outre des universitaires, un philosophe, un metteur en scène et un écrivain. L'équipe enseignante s'est, elle, adjointe toute une série d'artistes. Des témoignages de managers tels que la responsable des collections de Deutsche Bank, propriétaire d'une impressionnante collection de dessins contemporains - en Italie - ou un professeur en innovation de l'université danoise de l'Education, sont également prévus. Les modules de formation couvrent des thèmes tels que « capacité critique et vision », culture d'entreprise, créativité, gestion des relations. Les leçons ex cathedra ne suffisent pas pour un tel projet. Celles-ci seront donc complétées par des ateliers, qui se dérouleront pour la plupart à la Fondation Olivetti de Rome. Des ateliers d'écriture et de théâtre sont aussi prévus, afin de développer la sensibilité aux mots ou d'analyser comment le théâtre peut être un modèle d'organisation. Des séminaires avec des artistes, des visites à des expositions, des ateliers d'artistes ou des collections privées sont aussi prévus. Les participants au cours devront travailler sur un projet individuel ou en petits groupes, en vue de formuler des solutions à un problème précis.
Si ce cours est le premier du genre, la Luiss de Rome a, par ailleurs, aussi inclus dans son master pour les dirigeants seniors un atelier de théâtre destiné à aider les équipes à consolider leurs liens. L'art et la culture, décidément, ne veulent plus rester seulement l'apanage des académies des beaux-arts.
MARIE-LAURE CITTANOVA

Commentaires

Tu as raison pour la BICICI. Je pense que les marques devraient avoir de la constance dans leurs engagements et non faire du coup par coup en matière de mécénat. Cela leur permettrait, même sur une niche petite, de faire voir clairement le résultat de leurs engagements.

Ecrit par : Théo | 19.06.2008

bravo Honorat. comptes-moi désormais parmi les plus fidèles lecteurs de ton blog. A bientôt

Ecrit par : loloma | 04.07.2008

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